Genève – «Grève des lits» à l’hôpital cantonal
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Genève«Grève des lits» à l’hôpital cantonal

Les nettoyeuses de la division privée des Hôpitaux universitaires de Genève demandent le même traitement que leurs collègues.

par
Maria Pineiro
Les Hôpitaux universitaires de Genève épinglés par Avenir syndical.

Les Hôpitaux universitaires de Genève épinglés par Avenir syndical.

Lucien FORTUNATI

Qui doit nettoyer les lits de la division privée des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG)? Pour les agentes du service propreté-hygiène, soutenues par le syndicat Avenir syndical, ce n’est pas à elles de le faire, mais au service ad hoc, le «pool lits». Lundi, deux nettoyeuses ont témoigné de leur combat afin d’obtenir l’égalité de traitement vis-à-vis de leurs collègues. En effet, a déclaré David Andenmatten, secrétaire syndical, dans tous les autres secteurs hospitaliers, les lits sont traités par le service dédié. Le syndicat a dès lors écrit aux HUG en mars 2021 afin que les huit employées de la division privée soient traitées à la même enseigne que leurs collègues des autres services. «Nous n’avons pas reçu de réponse», s’est-il plaint.

Pressions dénoncées

Par conséquent, un bras de fer s’est engagé. Les agentes ont entamé depuis mars une «grève des lits» à la demande du syndicat. «S’en occuper n’était pas dans leur cahier des charges, mais il leur était demandé de le faire», a précisé David Andenmatten. Dès lors, c’est bien le pool lits qui s’est chargé pendant ce laps de temps de ce travail. Cela n’a pas été sans tensions au sein de la division, a témoigné Léa*. «Les collègues n’étaient pas toutes d’accord sur ce qu’il fallait faire.» Deux agentes ont indiqué lundi avoir subi des pressions de la hiérarchie. «On nous a fait comprendre que si on n’était pas contentes, on pouvait partir, a raconté Samia*. Mais sans diplôme, je ne trouverai pas d’autre travail. Je n’en dors plus, j’ai la boule au ventre le matin.»

Cahier des charges revu

La situation s’est durcie ce lundi, puisque le cahier des charges des agentes du service propreté hygiène a été revu afin d’intégrer le nettoyage des lits. De plus, selon Avenir syndical, deux postes ont été supprimés, alourdissant la tâche des employées restantes. «Elles se battent et récoltent de nouvelles tâches et une diminution des effectifs», a résumé Yves Mugny, secrétaire syndical. La nouvelle organisation entrant en vigueur lundi, une délégation s’est rendue dans les locaux du président du Conseil d’Etat afin de porter les revendications des travailleuses. Mais à leur arrivée, le magistrat Serge Dal Busco n’a pu les recevoir, étant déjà en entretien.

Davantage de temps

Du côté des HUG, le service de communication relève que cela fait dix ans que les nettoyeuses de la division privée s’occupent des lits en interne, afin d’éviter un va-et-vient des objets et de préserver la tranquillité des patients. L’Hôpital précise que le temps pour effectuer cette tâche est prévu. Ainsi, en division commune, 20 minutes par départ sont comptées pour le nettoyage, alors que cette durée est portée à 40 dans le secteur privé afin de laisser le temps au personnel d’effectuer ce travail supplémentaire.

*Prénoms d’emprunt

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