Grève du lait: les premières conséquences se font sentir
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Grève du lait: les premières conséquences se font sentir

Les premières conséquences de la grève du lait se sont fait sentir en Suisse jeudi. L'entreprise Vallait(VS)a constaté une baisse de 30 % des livraisons ce matin dans le Chablais vaudois et valaisan.

«Nous passons tous les deux jours dans les fermes. Il faudra donc attendre vendredi pour avoir une idée plus précise des volumes concernés», a indiqué à l'ATS Jean-Louis Sottas, directeur de la Fédération laitière valaisanne, elle-même propriétaire de Vallait.

Même si les mastodontes de la transformation du lait que sont Cremo à Fribourg et Elsa à Estavayer-le-Lac (FR) affirment n'avoir rien remarqué de particulier, le syndicat Uniterre, qui avait appelé à la grève en Suisse romande dès jeudi, s'est dit satisfait de la participation, surtout dans le Chablais.

«De nombreux producteurs de cette région avaient d'ailleurs fait le déplacement de Palézieux (VD) pour l'assemblée de mercredi, indique Jacques Barras, de la commission «lait» d'Uniterre. A l'issue de cette séance, le syndicat avait clairement posé ses exigences, à savoir un franc par litre de lait, ce qui correspond selon lui aux coûts de production.

Lait jeté

Uniterre décidera de la suite du mouvement lors d'une nouvelle assemblée vendredi, également à Palézieux. D'ici là, les grévistes s'efforceront de trouver des solutions pour utiliser au mieux le lait tiré, mais non livré.

«Je fais confiance aux producteurs», a déclaré Jacques Barras lors du «12:45» de la TSR. «Ils peuvent par exemple distribuer le lait à la population ou le donner aux fermes engraissantes. Mais il ne faut pas mentir: du lait devra être jeté».

Suisse alémanique touchée

Outre-Sarine, le géant Emmi, basé à Emmen (LU), indique enregistrer une baisse de 1 à 2 % de la quantité de lait récoltée. Le groupe Hochdorf Nutritec, dont le site principal se situe à Sulgen (TG), est quant à lui plus directement touché.

Mercredi, le groupe a accusé une baisse de ses livraisons de l'ordre de 10 % par rapport à la moyenne du mois de mai. Pour l'instant, le grève ne pose pas de problème en terme de production, précise le porte-parole Christoph Hug.

Du côté de Big-M, l'association alémanique à l'origine de la grève qui a débuté mercredi outre-Sarine, on affiche un optimisme certain. «Les paysans sont très motivés et espèrent que le mouvement prendra encore de l'ampleur», a indiqué Martin Haab, co- président de Big-M (»Bäuerliche Interessengruppe für Marktkampf»).

FRC et Prolait compréhensifs

La Fédération romande des consommateurs (FRC) a exprimé jeudi sa «compréhension» face aux événements. «Nous soutenons la revendication centrale, à savoir que le prix du lait couvre les frais de production», a indiqué à l'ATS Aline Clerc, responsable du dossier à la FRC. «Mais nous ne soutenons pas le moyen utilisé, à savoir la grève, que nous trouvons extrême», précise immédiatement la responsable.

Même position d'équilibriste de la part de Prolait - Fédération laitière, la principale organisation de producteurs de Suisse romande. «Nous comprenons et nous soutenons la démarche de certains de nos collègues qui sont écoeurés», a indiqué à l'ATS Eric Jordan, directeur de Prolait. «Nous n'appelons cependant pas nous-mêmes à la grève, car nous sommes en plein processus de négociation», a-t- il ajouté.

Allemagne

Le mouvement s'est également poursuivi jeudi dans plusieurs Etats européens, dont la Belgique, l'Autriche et l'Allemagne. Dans ce pays, des laiteries industrielles ont reconnu qu'elles étaient confrontées à de fortes réductions dans les livraisons. Le phénomène serait particulièrement marqué en Bavière, où certaines entreprises ont admis des baisses comprises entre 30 et 50 %.

Le lait va commencer à manquer d'ici au week-end dans les supermarchés, a estimé jeudi Romuald Schaber, président de la fédération BDM qui regroupe environ la moitié des producteurs allemands. Selon le syndicat, le mouvement est suivi par 95 % de ses 32 000 adhérents. (ats)

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