Grève et parloirs supprimés en prison: «les enfants ne doivent pas payer»

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Prison de Champ-Dollon (GE)Grève et parloirs supprimés: «Les enfants ne doivent pas payer»

Des mères ont réclamé mercredi que les bambins puissent voir leur père incarcéré, malgré la grève de la fonction publique. La direction de la prison les a entendues et a coupé la poire en deux. 

par
Jérôme Faas
Un parloir familial à Champ-Dollon en 2011.

Un parloir familial à Champ-Dollon en 2011.

TDG – L. Guiraud

«Nos enfants ne doivent pas payer!» Ce lundi, sept mères de bambins dont les pères sont détenus à Champ-Dollon ont intitulé de la sorte une lettre ouverte à la direction de la prison genevoise. Elles protestaient contre la suppression des parloirs familiaux, mercredi 12 octobre, en raison de la grève de la fonction publique annoncée, et donc d’une partie des gardiens. «On ne nous a proposé aucune solution, explique l’une d’elles. Une incarcération, c’est déjà une situation délicate, mais là, on touche à des enfants. Or l’Etat compte sur les familles pour la réinsertion et tous les pédo-psys insistent sur l’importance de la régularité des relations entre le père et les enfants. Lors des grèves, il y a des services minimums: pour nous, adultes, passe encore, mais le droit d’un enfant à voir son père doit faire partie de ce service minimum.»

Alors qu’une quinzaine de mères amènent chaque mercredi leur enfant à Champ-Dollon pour un parloir familial d’une heure, les signataires réclamaient son maintien le 12 octobre ou, à défaut, que cette heure «soit rendue à leurs enfants» le mercredi suivant par le biais d’un parloir à la durée doublée.

Durée des parloirs doublée la semaine prochaine

Elles ont eu gain de cause lundi après-midi. «S’agissant du cas particulier des parloirs familiaux, la direction de Champ-Dollon a entendu la douleur des mères qui se sont adressées à elle et s’est organisée pour prolonger d’une heure le parloir familial du mercredi suivant 19 octobre», a indiqué Laurent Forestier, le porte-parole de l’Office cantonal de la détention.

En revanche, la direction de la prison a précisé maintenir la suppression de la totalité des parloirs le jour de la grève de la fonction publique, «qu’il s’agisse des parloirs ordinaires, des parloirs familiaux ou des parloirs avocat». Laurent Forestier l’explique par la nécessité de se tenir prêt à fonctionner en mode minimal, et donc d’anticiper tout ce qui peut l’être pour ne pas être pris de court dans un contexte où «jusqu’au matin même», le nombre de gardiens en grève sera inconnu.   

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