France: Grèves inédites pour la police anti-émeutes

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FranceGrèves inédites pour la police anti-émeutes

Un mouvement de protestation inédit traverse depuis plusieurs jours les forces de police anti-émeutes, inquiètes de la fermeture en 2010 de plusieurs de leurs unités.

L'une des trois compagnies de Marseille, la 54, en mission de sécurité à Paris, a décidé en assemblée générale d'entamer une grève de la faim.

L'une des trois compagnies de Marseille, la 54, en mission de sécurité à Paris, a décidé en assemblée générale d'entamer une grève de la faim.

Arrêts maladie collectifs, grève de la faim. Le gouvernement français va tenter lundi de calmer le mouvement de de protestation qui s'est levé après la confirmation la semaine dernière de la probable fermeture de deux Compagnies républicaines de sécurité (CRS), des unités spécialisées dans le maintien de l'ordre lors de manifestations mais souvent affectées à d'autres tâches, comme la surveillance de bâtiments publics.

Ces fermetures, à Marseille (sud) et Lyon (centre-est), semblent limitées par rapport aux effectifs des CRS - 14.000 hommes dans 61 compagnies - mais les syndicats de police sont persuadés que six autres unités, voire même 25 selon certains, seront fermées à terme.

Après un démenti la semaine dernière du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux sur ces «rumeurs» de fermeture, c'est au tour du directeur général de la police de recevoir lundi les syndicats.

CRS furieux de faire les frais de réductions budgétaires

Très sollicités lors des conflits sociaux ou lors d'évènements publics, comme les matches de football, les CRS sont furieux de faire les frais des réductions budgétaires, alors que la lutte contre la délinquance est considérée comme une des priorités du gouvernement du président Nicolas Sarkozy.

Dépourvus théoriquement du droit de grève, des CRS ont trouvé des parades, en se mettant par exemple collectivement en arrêt maladie. A Marseille, des CRS ont même décidé samedi de cesser de s'alimenter.

Cette grève de la faim «dure toujours», a affirmé lundi Didier Mangione, responsable des CRS au sein du syndicat majoritaire parmi les 61 compagnies, promettant de nouvelles actions cette semaine.

Ce mouvement de protestation intervient alors que le gouvernement (droite) et l'opposition socialiste se sont récemment affrontés sur les chiffres de la délinquance (baisse générale mais hausse des violences aux personnes), enjeu électoral pour la présidentielle de 2012. (afp)

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