Actualisé 15.05.2020 à 14:11

Genève

Grévistes du climat mobilisés malgré le Covid-19

Une cinquantaine de militants se sont retrouvés afin de faire passer leur message et revendiquer le retour du droit de manifester.

de
Maria Pineiro, ats
Grève pour l’avenir
Grève pour l’avenir

Des sympathisants et des grevistes du climat manifestent lors d'une mobilisation de la Greve pour l'Avenir pendant la crise du Coronavirus (Covid-19), ce vendredi 15 mai 2020 a geneve. Cette date est une occasion importante de manifester notre refus de faire perdurer un systeme capitaliste et mondialise, base sur la destruction de l'etre humain et des ecosystemes dont il depend. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

keystone-sda.ch

Il était midi vendredi, sur le Pont de la Machine à Genève, lorsqu’une trentaine de manifestants dûment espacés ont sorti des lettres géantes afin de sensibiliser la population à leur cause. Le message de cette grève pour l’avenir? «Le climat n’attend pas, changeons de système». L’action s’est déroulée devant une vingtaine de militants venus en soutien. La police, présente sur les lieux peu après, n’est pas intervenue. «Aujourd’hui, à travers le monde, nous aurions dû être des milliers à alerter sur la situation», a affirmé Mathilda Zanella, de la Grève du climat. Mais voilà, le Covid-19 est venu chambouler les plans des activistes et rendre impossible toute mobilisation d’envergure. «Il était tout de même important que nous puissions porter notre message, a poursuivi la jeune femme. A l’heure où l’économie repart, il faut s’interroger sur ce retour à la normale. Qu’est-ce que la normalité? La fonte des glaciers? La sixième extinction de masse?» Elle et ses camarades de lutte estiment que la préservation du climat doit primer sur le «business as usual».

Manifestation sauvage

L’action de vendredi aurait dû se tenir sur la plaine de Plainpalais. Les organisateurs en avaient fait la demande formellement, y incluant des mesures de protection. Mais, en raison du covid-19 et de l’interdiction de manifester, l’autorisation a été refusée. Les militants ont tout de même décidé de braver la décision des autorités. «Les gens peuvent prendre les transports en commun, faire la queue devant les magasins, et nous ne pourrions pas user de nos droits démocratiques en maintenant les distances? Cela n’a pas de sens», a tonné Manuella Cattani. Un recours assorti d’une demande d’effet suspensif a été déposé contre le refus du Canton. Les recourants estiment que l’interdiction constitue «une atteinte illicite à la liberté de réunion pacifique».

Particularité de cette action, elle n’a pas été menée uniquement par les grévistes du climat. Au bout du lac, un collectif s’est formé, regroupant en sus les syndicats, des partis et des associations. «Il s’agit d’’impliquer les travailleurs et travailleuses», a justifié Mathilda Zanella. Les estimant essentiels au motif qu’ils représentent les forces de production, dont les modes ont une influence sur le climat. Pour les syndicats, «ceux qui tirent des profits indécents de l’exploitation des ressources naturelles sont les mêmes qui tirent des profits indécents de l’exploitation des salariés, a illustré Manuella Cattani, cosecrétaire générale du syndicat SIT. Le collectif genevois pour la grève du 15 mars a élaboré un «manifeste Climat et Covid» riche de 15 revendications. Parmi lesquelles relocaliser les productions essentielles, en particulier celles liées à la santé pour l’alimentation, un revenu pour tous, l’interdiction de licencier pour une entreprise qui aurait été aidée par l’Etat, la fin des politiques d’austérité et le droit de grève écologique.

Une trentaine de militants vaudois ont participé à ces deux mini-rassemblements à Lausanne (Vidéo Keystone-ATS)

Mobilisation romande

Des actions ont également eu lieu dans d’autres cantons. A Fribourg, les militants ont déposé et accroché une centaine de pancartes et une dizaine de banderoles évoquant leurs revendications sur l'emblématique place Georges-Python et sur celle de l’Hôtel de Ville. Une trentaine de militants vaudois ont participé à ces deux mini-rassemblements à Lausanne. Ils ont été contrôlés par la police. A Neuchâtel et dans le chef-lieu vaudois, des micro-manifestations, sur le principe d'espaces de «4 mètres carrés» pour respecter la bonne distanciation physique, sont prévues en fin d’après-midi.

Moins d’une demi heure après le début de l’action, militants et sympathisants se sont dispersés sans être inquiétés par les forces de l’ordre.

Une trentaine de militants vaudois ont participé à ces deux mini-rassemblements à Lausanne (Vidéo: Lecteur reporter)

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90 commentaires
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Lucie

18.05.2020 à 07:43

Très belle forme de convergence entre ces différents collectif et syndicats, et belle action, qu'iels continuent à descendre dans la rue, "Le climat n'attend pas" !

ozopanet

17.05.2020 à 07:26

Le covid-19 pas encore résolu! Que nous avons déjà l'apparition des "PARASITES"

Jean Némard

16.05.2020 à 18:16

Réponse: Probablement dans la poche d'Al Gore, qui grâce aux bénéfices de sa société GIM, s'est payé une magnifique villa les pieds dans l'eau à Miami....étrange de la part d'un mec qui ne cesse de nous faire peur avec la montée des eaux des mers. On nous aurait menti?