Actualisé 22.06.2015 à 14:26

SuisseGrillons et sauterelles bientôt sur les étals

Des insectes comestibles pourront peut-être être vendus au rayon alimentaire en toute légalité en Suisse à partir de l'année prochaine.

L'idée est désormais en consultation avec le paquet d'ordonnances d'application de la loi sur les denrées alimentaires. Les milieux intéressés peuvent se prononcer jusqu'à fin octobre.

En tout, 27 ordonnances ont été remaniées et corrigées afin d'accompagner la révision de la loi sur les denrées alimentaires mise sous toit par les Chambres fédérales en juin 2014. La perle de ce régime annoncé lundi par l«Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV): la commercialisation de trois espèces d'insectes.

Concrètement, il s'agit de la larve du ténébrion meunier, soit le ver de farine, du grillon domestique (acheta domestica) et du criquet migrateur (locusta migratoria). L'OSAV s'est limité pour l'heure aux trois espèces les plus connues parmi les amateurs d'insectes.

Ces trois espèces ont déjà été autorisées dans le cadre d'essais à petite échelle, comme pour la nuit des musées ou lors d'un apéritif dans la salle des Pas Perdus du Conseil national, a précisé Michael Beer, chef de la division Denrées alimentaires à l'OSAV.

Mais pour l'heure, il n'est pas prévu d'étendre le menu. Il faut songer aux conditions d'élevage des insectes à grande échelle, ainsi qu'aux règles d'hygiène et de sécurité, d'après M.Beer. Sans compter un risque d'allergie de la population aux protéines des insectes.

Changement de paradigme

Larves et criquets mis à part, la réforme crée un changement de paradigme, a expliqué le directeur de l'OSAV Hans Wyss. Aujourd'hui, les denrées alimentaires qui ne sont pas explicitement spécifiées dans la législation sont interdites. A l'avenir, ce sera le contraire.

Tout ce qui est jugé sûr sera autorisé. A la barbe des tenants de la suppression du principe du Cassis de Dijon pour les aliments, la révision représente une étape supplémentaire dans la levée des obstacles aux échanges avec l'Union européenne.

Impossible pour l'heure de dire combien de nouvelles denrées alimentaires seront commercialisées. Mais pour le producteur qui respecte la législation, il ne sera plus nécessaire d'attendre six mois une autorisation de mise en vente. La commercialisation sera immédiatement possible.

Sécurité maintenue

Par exemple, un produit à base de matière grasse du lait n'atteignant pas le pourcentage requis pour être appelé beurre ne sera plus soumis à autorisation. Il pourra être mis en vente mais sans l'appellation beurre. En revanche, le fromage fabriqué avec de la matière grasse végétale restera interdit.

Pour Hans Wyss, pas question de parler de nivellement vers le bas. «Notre niveau de sécurité alimentaire sera maintenu, mais nous adaptons nos critères à ceux de nos principaux partenaires commerciaux».

Des dispositions analogues à l'UE seront introduites en matière d'étiquetage. Les caractères devront présenter une hauteur de 1,2 mm au moins et être clairement lisibles. La déclaration nutritionnelle devra figurer obligatoirement.

Lasagnes au cheval

Pour les aliments transformés, il sera admis d'utiliser la mention UE ou Amérique du Sud comme pays de provenance. Après le scandale des lasagnes à la viande de cheval, les ingrédients primaires non transformés devront être indiqués à partir de 50% et même de 20% pour les denrées contenant de la viande.

Pour ce qui est des matières premières, les morceaux de viande devront indiquer le lieu de naissance de l'animal ainsi que le lieu où il a vécu la majeure partie du temps. L'utilisation de stimulateurs de croissance hormonaux ou non devra être affichée, tout comme la présence d'OGM.

Pesticides

En revanche, il est prévu d'abandonner les valeurs limites au profit de quantités maximales, même pour les pesticides et les contaminants. Parmi les autres nouveautés, un critère d'hygiène des procédés devrait améliorer la situation lors de l'abattage de volailles. Le but est de réduire des cas de campylobactériose (source de diarrhées) de 8000 à 5000 par an.

La protection contre la tromperie portant sur les produits cosmétiques devrait être renforcée. Des arguments publicitaires comme «48 heures d'hydratation» ne seront admis que si les documents à l'appui établissent exactement la durée vantée.

En principe, la nouvelle législation devrait entrer en vigueur vers l'été 2016. (ats)

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