Actualisé

Hong KongGrippe aviaire: abattage de 20'000 poulets

Les autorités de Hongkong ont lancé mardi l'abattage de 20'000 poulets après la découverte d'un foyer de grippe aviaire H7N9 parmi des volailles importées de Chine populaire, ont annoncé les autorités.

Les craintes d'une épidémie dans la mégapole traumatisée par la crise du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003 se sont ravivées après la mort récente de deux hommes, porteurs de la souche H7N9, après un séjour en Chine. Des agents des services sanitaires portant masques et combinaisons enlevaient mardi les poulets dans des sacs de plastique noir sur le marché de gros de Hongkong où le virus a été identifié la veille, selon des images de télévision.

L'abattage «a commencé vers 10h00» ce matin, a confirmé à l'AFP un porte-parole du Ministère de l'agriculture, de la pêche et de l'environnement. Les poulets sont tués chimiquement, puis enfouis dans une décharge, a-t-il ajouté. A 16h30, plus de 11'000 volailles ont déjà été abattues, selon le ministre de la Santé, Ko Wing-man. Le marché de Cheung Sha Wan, unique marché de volaille en gros à Hongkong, sera fermé pendant 21 jours pour désinfection, ce qui signifie qu'aucune volaille vivante en provenance de Chine ne pourra être importée.

L'approvisionnement en volaille des fermes de Hongkong a également été provisoirement suspendu. L'identification du foyer de grippe aviaire survient quelques jours seulement après le début de tests de dépistage à grande échelle dans l'ancienne colonie britannique. A quelques jours du Nouvel-An chinois vendredi, le chef de l'Exécutif, Leung Chun-ying, s'est interrogé sur la pertinence de continuer à l'avenir d'importer des poulets vivants. «Devons-nous continuer à consommer des poulets achetés vivants ? Les Hongkongais devraient se pencher sur la question», a-t-il déclaré à la presse.

Ils doivent être abattus

Grossistes et producteurs locaux en colère ont reproché au gouvernement de ne pas stopper les volailles à la frontière, les uns parce qu'ils se retrouvent avec la marchandise sur les bras, les autres parce qu'ils craignent une contamination de leurs exploitations. Un porte-parole du gouvernement a expliqué à l'AFP qu'il n'y avait pas à la frontière les infrastructures nécessaires pour imposer une quarantaine aux volailles d'importation.

«Maintenant, les poulets en provenance de Chine se trouvent mélangés avec des poulets locaux sur le marché de gros et tous doivent être abattus», a déploré le grossiste Cheng Chin-keung interrogé par le «South China Morning Post», estimant ses pertes à 5 millions de dollars HKG (environ 475'000 euros).

Le ministre de la Santé de la ville, Ko Wing-man, a cependant annoncé que le gouvernement envisagerait un «mécanisme» pour distinguer poulets locaux et volailles importées. La Chine est confrontée depuis l'hiver 2013 à des contaminations par le virus H7N9 de la grippe aviaire, qui a infecté environ 140 personnes, faisant au moins 47 morts selon des bilans officiels. A Hongkong, un homme de 80 ans est décédé le 26 décembre après un séjour à Shenzhen, de l'autre côté de la frontière entre la Chine et la région administrative spéciale (RAS) qui bénéficie d'un statut de semi-autonomie depuis 1997.

Un autre homme, âgé de 65 ans, est mort le 14 janvier dans les mêmes circonstances. Hongkong est particulièrement attentif à la propagation du virus après l'épidémie de Sras en 2003, qui avait fait 299 morts et infecté environ 1800 personnes. Les scientifiques redoutent qu'une mutation d'une des souches virales de la grippe aviaire favorise des contaminations d'homme à homme, ce qui pourrait déclencher une pandémie.

(afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!