Actualisé 13.05.2020 à 20:45

Suisse

Jusqu'à 20'000 places d'apprentissage à la trappe

Le secteur de la formation professionnelle sera lourdement impacté par la crise de la Covid-19. Entre 5000 et 20’000 jeunes seront touchés.

Un tiers des apprentis n'a pas pu travailler sur son lieu de formation en raison de la Covid-19, selon une enquête menée en collaboration avec l'ETH de Zurich.

Un tiers des apprentis n'a pas pu travailler sur son lieu de formation en raison de la Covid-19, selon une enquête menée en collaboration avec l'ETH de Zurich.

KEYSTONE

La crise du coronavirus pourrait avoir un impact négatif important sur la formation professionnelle. Au cours des cinq prochaines années, entre 5000 et 20'000 contrats d'apprentissage en moins seront signés, selon une étude des universités de Berne et Zurich.

L'impact de la crise dans la formation professionnelle ne sera surmonté qu'en 2025, selon cette étude relayée mercredi par les journaux de CH-Media. Cité dans l'article, Stefan Wolter, co-auteur de l'étude et professeur à l'Université de Berne souligne que les cantons devront fournir des efforts importants pour faire face à la situation.

«Les élèves qui ont des difficultés scolaires risquent de se retrouver bloqués pendant plusieurs années dans des situations intermédiaires», avertit le scientifique. Alors que lors de la récente crise financière, effectuer une année de transition suffisait, cela ne sera plus possible avec la crise du coronavirus, ajoute le professeur d'économie.

Apprentis touchés par la crise

Selon une autre enquête lancée par la plateforme d'apprentissage yousty.ch en collaboration avec l'ETH Zurich, 92% des places d'apprentissage offertes pour l'automne 2020 existent encore. Et 22% des entreprises de formation interrogées ont déclaré qu'elles prévoyaient de fournir des places supplémentaires en raison de la pandémie.

Au plus fort de la crise de la Covid-19, en avril, 66% des apprentis ont pu travailler sur leur lieu de travail comme d'habitude. Pour 27%, il y avait une affectation limitée dans l'entreprise – ils ont par exemple travaillé dans un autre département; 36% ont pu faire du home office; 29% n'ont pas pu effectuer la partie opérationnelle de leur apprentissage. Un total de 9% n'a pas pu être soutenu.

Environ 60% des entreprises formatrices ont indiqué vouloir garder les apprentis après la fin de leur apprentissage. Comme les années précédentes, 14% ne les gardent pas. Un cinquième attend de voir comment se développe la conjoncture avant de se décider.

Au final, environ 25% des apprentis des entreprises interrogées peuvent être concernés par le fait de ne pas continuer à être employés par l'entreprise. Intitulé «Pouls des places d’apprentissage», le sondage a été mené auprès de plus de 11'000 apprentis dans plus de 1000 entreprises. Selon l'Office fédéral de la statistique, la Suisse compte plus de 220'000 jeunes en formation professionnelle initiale.

(ats/nxp)
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66 commentaires

Hans-Ulrich Schmidt

14.05.2020 à 05:28

@adrien Exactement. Et ensuite, muni d'un si bon bagage, partir en Allemagne ou en Autriche pour un salaire certes moindre, mais avec un vrai pouvoir d'achat. Tout bénéfice.

un patron

14.05.2020 à 04:00

Trop de contraintes et de règlements souvent impossible à tenir au pied de la lettre, pour soit disant le bien être de l'apprentis, on nous a demandé d'allez suivre un cours de pédagogie de 3 jours pour pouvoir former des apprentis, et pourquoi pas un cours de puériculture pendant qu'il y sont ! Il n'y a pas eût besoin du covid pour que notre entreprise ne forme plus aucun apprentis. Et je ne suis pas le seul dans notre secteur d'activité à ne plus vouloir en former.

@BOBO

13.05.2020 à 09:26

Vous ne trouvez personne ? Remettez-vous en question peut-être.. Qui a envie d'être formé dans un métier voué a disparaitre ?