Mondial 2014: Gros plan sur les nobodies oranje
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Mondial 2014Gros plan sur les nobodies oranje

Les stars devant, les travailleurs de l'ombre derrière. Ce théorème, qui se vérifie souvent en football, n'a peut-être jamais été aussi vrai qu'avec les Pays-Bas version 2014. Revue d'effectif dans les rangs des nobodies oranje.

Wesley Sneijder qui alimente en ballons Arjen Robben ou Robin van Persie, un triangle protégé par le pitbull Nigel de Jong: jusque-là, rien de très exotique ni de très novateur. Le reste du onze de base néerlandais met en revanche à rude épreuve les connaissances des amateurs de football. Car, en plus d'avoir volontairement tourné le dos à la sacro-sainte école batave et son 4-3-3 gravé dans le marbre, le sélectionneur Louis Van Gaal a également rénové en profondeur le cadre national.

Au Brésil, les Pays-Bas se présentent en 3-4-1-2 qui, selon les situations, peut aussi être un 5-2-1-2, avec des joueurs de couloir appelés à participer le plus souvent possible aux offensives mais aussi à se replier assez bas si besoin est. Les pistons préposés se nomment Daryl Janmaat (24 ans/Feyenoord) à droite et Daley Blind (24 ans/Ajax) à gauche. Le premier, qui n'entrait plus dans les plans de Van Gaal après des débuts décevants, a profité pour faire son trou des blessures et/ou contre-performances des Van der Wiel, Veltman et autre Van Rhijn. Il a terminé la saison parmi les meilleurs passeurs décisifs d'Eredivisie.

Son homologue à gauche, fils de Dany Blind, ancien international et aujourd'hui assistant de... Van Gaal, peut jouer partout (il a notamment évolué dans l'axe de la défense contre le Chili). Ses capacités athlétiques sont nettement au-dessus de la moyenne.

Cerveau, molosse et chouchou

Le coeur de l'arrière-garde s'appelle Stefan de Vrij (22 ans/Feyenoord), le «cerveau» et meilleur relanceur du trio. Alors que plusieurs clubs européens lui font les yeux doux, le très jeune capitaine de Feyenoord se profile chaque semaine un peu plus comme le futur patron des Oranje. A ses côtés, le «molosse» Ron Vlaar (29 ans/Aston Villa), bras armé du dispositif, et Bruno Martins Indi (22 ans/Feyenoord), le «chouchou du prof» tant sa polyvalence et son sens de l'écoute sont appréciés par le sélectionneur. Il est aussi un homme de caractère, père à 19 ans déjà, qui n'hésite pas à dire leurs quatre vérités à des cadres de l'équipe, comme lors de son altercation en début de Mondial avec Robben.

Derrière tout ce beau monde, un gardien arrivé sur le tard, Jasper Cillessen (25 ans/Ajax), qui n'était encore que le titulaire de la... réserve du club d'Amsterdam il y a un peu plus d'un an. Mais, de numéro 4 à l'Ajax, ce bon technicien a avalé à toute vitesse les échelons vers les sommets, profitant entre autres de la mauvaise passe à Fulham de son prédécesseur dans la cage néerlandaise, Maarteen Stekelenburg, même pas retenu dans la liste des vingt-trois.

Indispensable expérience

Dernier «inconnu» d'une sélection qui s'est imposée dans son groupe B contre l'Espagne (5-1), l'Australie (3-2) et le Chili (2-0), Jonathan de Guzman (26 ans/Swansea), que les suiveurs les plus assidus de la Premier League ne découvrent toutefois pas vraiment. L'autre «grognard» du milieu de terrain sort de deux saisons pleines avec son club et complète plutôt bien De Jong, apportant sa technicité et sa faculté à franchir balle au pied le premier rideau adverse.

L'ensemble érigé par Van Gaal paraît être des plus cohérents. Il lui manque cependant cette expérience du très haut niveau qui semble être indispensable lors d'une Coupe du monde. Les Oranje passeront une nouvelle épreuve de vérité dimanche en huitième de finale, face à un Mexique qu'il ne faut jamais prendre de haut. (ats)

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