Vaud: Gros poissons nigérians de la coke face aux juges
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VaudGros poissons nigérians de la coke face aux juges

Les deux trafiquants réceptionnaient la drogue arrivée des Pays-Bas, avant de la distribuer aux grossistes de la région.

par
Mirko Martino

«Un compatriote que je ne connaissais pas m'a proposé de m'occuper d'un sac de drogue. Je venais d'arriver, j'avais besoin d'argent. C'était la première fois, je le jure.» La défense de ce Nigérian de 41 ans a fait sourire les juges du Tribunal de Lausanne mercredi.

Le 20 avril 2014, avec un compère du même pays, il a été interpellé dans un bar de Genève. Ils avaient 1,55 kg de coke. Toute la journée, des grossistes étaient venus s'approvisionner, chacun pour plus de 100 g. Une feuille détaillait leur comptabilité: ils ont écoulé 1,82 kg en «fingers», des sachets de 10 g. Le duo encaissait 60 fr. par finger et en gardait 10. «Ces sommes couvrent la livraison depuis les Pays-Bas, détaille le procureur Bernard Dénéréaz. L'argent de la vente emprunte un autre chemin.»

Cette prise a été suivie d'autres, dont une de plus de 5 kg un mois plus tard. Elles sont le fruit d'écoutes téléphoniques initiées en février 2014. Le procureur a requis 7 ans de prison ferme pour infraction grave à la loi sur les stupéfiants et participation à une organisation criminelle. Grâce à deux phrases enregistrées, il espère convaincre la Cour que les deux prévenus n'étaient pas des novices, mais des éléments cruciaux d'une structure rodée. Sinon, la participation à une organisation criminelle pourrait tomber. «Et là, on ne pourra plus relier cette affaire aux autres procès prévus cette année, déplore Bernard Dénéréaz. On ne confie pas 3,37 kg de cocaïne à des inconnus!» Verdict jeudi soir.

«C'est une plongée dans les eaux troubles de la filière nigériane du trafic international. Pour nous, c'est la première enquête contre une organisation criminelle avec de tels liens et de telles ramifications»

Bernard Dénéréaz, procureur

Structure pyramidale bien organisée

Les dealers nigérians des rues romandes se fournissent auprès de grossistes qui commandent la cocaïne à des compatriotes aux Pays-Bas. A leur tête, un organisateur planifie la venue en Suisse d'un transporteur qui livre des fingers de différents «propriétaires», pour diminuer les pertes en cas de saisie. Les «réceptionnaires» – les prévenus d'hier – distribuent aux grossistes. Le système de contact saute des échelons de la pyramide pour protéger la structure.

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