05.08.2016 à 23:26

TurquieGülen dénonce le mandat d'arrêt lancé contre lui

Le prédicateur turc exilé aux Etats-Unis, accusé d'être derrière la tentative de putsch, a une nouvelle fois démenti son implication.

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La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

AFP
Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Keystone
AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

Keystone

Le prédicateur turc Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis 1999, a dénoncé le mandat d'arrêt lancé à son encontre par Ankara.

Emis jeudi 4 août par un tribunal d'Istanbul, ce mandat l'accuse d'avoir préparé le putsch militaire manqué du 15 juillet. Il n'y a cependant pas «l'ombre d'une preuve» contre Fethullah Gülen, selon l'un de ses avocats.

«Il est bien connu que les tribunaux turcs ne disposent pas de l'indépendance judiciaire, et ce mandat est un nouvel exemple de la trajectoire du président (Tayyip Recep) Erdogan vers l'autoritarisme et contre la démocratie», déclare Fethullah Gülen dans un communiqué diffusé vendredi. Le prédicateur y démentit également toute implication dans la tentative de coup d'Etat militaire.

Pas de preuve, selon son avocat

«Nous n'avons pas vu la moindre preuve, directe ou indirecte, qui résisterait de manière convaincante à un examen des faits, (...) impliquant M. Gülen», a défendu de son côté son avocat Reid Weingarten lors d'une conférence de presse à Washington.

Pour l'homme de loi, les «procédures d'extradition» aux Etats-Unis - qui jouissent d'un traité en la matière avec la Turquie - obéissent à des règles juridiques précises. «La preuve compte et le respect de la procédure compte», a martelé le juriste.

«Les théories du complot et les menaces du président Erdogan ne sont pas assez solides pour ébranler le système juridique américain. Pour ces raisons, nous pensons que M. Gülen ne devrait pas et ne sera pas extradé», a affirmé Reid Weingarten. L'avocat a encore accusé le chef de l'Etat turc de miser sur «le pouvoir et la politique» pour se faire entendre à Washington.

Relations diplomatiques en jeu

Officieusement, la position de l'administration américaine concernant la demande d'extradition contre Fethullah Gülen ne semble pas très éloignée de celle de ses avocats: le ministère de la Justice américain «essaie toujours de déterminer si les documents fournis (par Ankara) constituent une demande formelle d'extradition», s'est borné à répondre jeudi soir le département d'Etat.

Les responsables turcs, et notamment le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, ont prévenu que les relations diplomatiques seraient affectées si les Etats-Unis n'extradent pas Fethullah Gülen. La Turquie, membre de l'OTAN, joue un rôle important dans le combat contre l'organisation djihadiste Etat islamique.

Washington répète que des preuves tangibles de l'implication de Fethullah Gülen dans le coup militaire manqué du 15 juillet doivent être apportées avant toute extradition.

Délégation turque aux Etats-Unis

Dans les deux prochaines semaines, une délégation emmenée par les ministres turcs des Affaires étrangères et de la Justice doit se rendre aux Etats-Unis, a ajouté Recep Tayyip Erdogan dans la soirée. Elle expliquera l'implication supposée de Fethullah Gülen dans la tentative de coup d'Etat.

La Turquie avait déjà émis un mandat d'arrêt contre Fethullah Gülen en décembre 2014, notamment pour avoir «monté et dirigé une organisation terroriste armée». Les relations de Recep Tayyip Erdogan avec son ancien allié s'étaient dégradées à l'époque en raison d'un scandale de corruption impliquant des proches du président et des ministres. Ankara avait vu derrière ce scandale la main de Fethullah Gülen.

Le neveu du prédicateur, Muhammet Sait Gülen, a par ailleurs été placé jeudi en détention à Ankara, a annoncé la télévision CNN Turk. Il avait été interpellé le 23 juillet.

«Urgent nettoyage» du parti

Comme chaque jour depuis le coup d'Etat manqué, le président Erdogan a dénoncé en termes très vifs le «virus» des sympathisants de Fethullah Gülen «qui s'est répandu partout» et que la Turquie «est obligée de nettoyer». Les purges qui ont touché tous les secteurs de la société atteignent désormais les rangs du parti au pouvoir, le Parti de la Justice et du développement (AKP).

Signée par le numéro deux du parti, Hayati Yazici, une circulaire de l'AKP «ordonne l'urgent nettoyage de l'organisation du parti», afin d'en éliminer ceux qui sont liés à l'organisation terroriste Fethullah» (FETO). Cette appellation a été forgée par Ankara pour désigner les «gülenistes», accusés d'avoir noyauté les institutions et la société turques en créant un «Etat parallèle».

Contacté par l'AFP, l'AKP n'a pas été en mesure dans l'immédiat de confirmer l'existence de cette circulaire. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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