reportage: Guerre des gangs déclarée entre Nyon et Renens
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reportageGuerre des gangs déclarée entre Nyon et Renens

Deux bandes se battent depuis deux semaines pour des filles. Vendredi, la police vaudoise a empêché 100 jeunes de s'affronter.

par
Nicolas Maradan
Raphaël Pomey

«Si les gars de Nyon étaient venus, on les aurait tabassés», s'exclame un jeune Renanais, blouson noir sur les épaules. Vendredi soir, lui et ses amis – une septantaine de jeunes – attendaient de pied ferme leurs rivaux nyonnais en gare de Renens. En cause: une rivalité née il y a quelques semaines. «Des copains sont allés voir des filles à Nyon. Mais quand ils sont arrivés là-bas, ils se sont fait taper dessus», explique le jeune de Renens.

Après une première bagarre à Nyon, le 1er novembre, c'était vendredi au tour des jeunes de La Côte de prendre leur revanche. Mais ceux-ci, attendus sur le quai par leurs opposants, ne sont jamais venus. «Ils n'ont pas osé», rigolent quelques jeunes de Renens. «C'est parce que la police était présente toute la soirée dans les deux gares», rétorque Christian Séchaud, chef de la police de l'Ouest. Les autorités avaient eu vent de ce qui se tramait. «A Renens, huit véhicules ont néanmoins subi des dommages», ajoute-t-il.

Du côté nyonnais, les jeunes assurent que la guéguerre entre les deux villes n'est pas près de finir. Selon eux, une rivalité existe depuis de nombreuses années. «La police ne pourra pas toujours empêcher les bastons. Il peut y avoir une nouvelle descente de ce genre le week-end prochain, comme dans deux semaines.»

Un nouveau round qui ne réjouit guère la police nyonnaise: «Nous avons un noyau dur d'agitateurs qu'il faut surveiller comme le lait sur le feu», soupire un lieutenant.

Les jeunes se servent du code postal de leur ville comme fanion

«1020 Renens», ont scandé à plusieurs reprises les jeunes réunis vendredi soir à la gare de Renens. L’un d’eux a même filmé la scène et l’a mise sur internet. 1020 Renens, ou quand le code postal devient un emblème.

«Ce nombre a été tagué sur plusieurs murs de la ville. Pour les jeunes, c’est devenu un vrai symbole identitaire, comme c’est déjà le cas dans d’autres communes. Mais ce n’est pas forcément négatif», explique Jean-Daniel Leyvraz, secrétaire municipal de Renens.

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