Assurance complémentaire: Guerre entre Genolier et l'assureur KPT/CPT
Actualisé

Assurance complémentaireGuerre entre Genolier et l'assureur KPT/CPT

L'assureur maladie refuse de financer les soins prodigués dans le réseau des cliniques privées, alors que les patients ont souscrit une assurance complémentaire.

par
Christine Talos
Une chambre de la clinique Genolier à Genolier, dans le canton de Vaud

Une chambre de la clinique Genolier à Genolier, dans le canton de Vaud

Rien ne va plus entre le groupe Genolier GSMN et la KPT/CPT. Selon une information du journal Le Temps parue jeudi, plus de 300 patients possédant une assurance privée ou semi-privée ont été priés par l'assureur maladie cette année d'aller se faire soigner ailleurs que dans les cliniques privées du groupe. Si possible dans des lieux subventionnés par l'Etat. Ou alors, dans des cliniques Genolier, mais en division commune.

La caisse maladie a justifié cette décision au motif que Genolier exige un traitement identique dans l'ensemble de ses établissements helvétiques. Une uniformisation qui ne plaît pas, «chaque canton répondant à des spécificités uniques», a expliqué au Temps le directeur général Reto Egloff.

Assurés pas prévenus

Hic: la KPT/CPT n'a pas jugé bon de prévenir ses assurés de la non-reconnaissance du réseau Genolier. «Ce qui revient à tuer son propre produit qu'est l'assurance complémentaire», a commenté Beat Röthlisberger, directeur exécutif de GSMN. Car une assurance complémentaire, qui coûte cher, doit permettre normalement au patient d'avoir le libre choix du médecin. Mais ce serait de plus en plus un leurre, puisque d'autres caisses, comme Assura ou le Groupe Mutuel, limiteraient elles aussi le choix des cliniques et praticiens, selon Le Temps.

Le quotidien va encore plus loin. Selon l'avocat qui doit défendre les quelques 300 assurés concernés par la guerre Genolier-KPT/CPT, les assureurs tentent de profiter de la planification hospitalière qui permet de transférer leurs charges aux cantons. Depuis 2012, les autorités cantonales paient au moins 55% des coûts des soins dans les établissements qu'elles reconnaissent. La part non financée par l'Etat est ensuite prise en charge par les assureurs via la complémentaire du patient. Mais les cliniques Genolier ne figurent pas sur les listes cantonales et ne perçoivent donc rien des cantons. Les assureurs doivent alors assumer l'entier des coûts.

Ce qui fait dire à l'avocat dans Le Temps: «Pour préserver leurs marges, certains assureurs refusent volontairement de signer des conventions pour obliger leurs clients à se rendre dans des hôpitaux subventionnés, où ils ne paient au maximum que 45% de frais de traitement.»

Ton opinion