Guerre ouverte entre sites gays sur fond de prévention
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Guerre ouverte entre sites gays sur fond de prévention

Lausanne. Le contenu d'annonces publiées sur un site lié à Vogay
choque un concurrent. Pas les pros de la santé.

Peut-on en même temps mener des campagnes de prévention contre le sida et publier des annonces privées demandant, en langage cru, des relations sans préservatif? A cette question, le webzine lausannois Easymec.com crie «non». Dans deux lettres ouvertes anonymes et virulentes, il s'offusque de la présence récurrente «de petites annonces «no safer sex» sur un site géré par une association subventionnée pour ses activités de prévention».

Le site en question est Gayromandie.ch, racheté en septembre dernier par l'association de défense des intérêts homosexuels Vogay. Pas de quoi désarçonner le responsable du site. «Nous prônons des valeurs de liberté», réagit Frédéric Vallotton, rédacteur en chef de la partie magazine et copropriétaire du site.

Avant d'être diffusées, les annonces sont filtrées selon les normes légales. «Nous avons parfois des utilisateurs qui font références à des pratiques acrobatiques, concède-t-il. Mais ils sont libres de s'exprimer.» Le rédacteur en chef garantit en outre que l'argent des subventions est utilisé uniquement pour les campagnes de prévention.

Du côté de l'Office fédéral de la santé publique, l'analyse est la même. «Nous ne voyons pas d'incohérence à une telle situation. Il s'agit de petites annonces placées par des personnes adultes et consentantes. On ne peut que conseiller aux gens de se protéger, mais on ne peut pas contrôler que tout le monde le fasse», analyse Roger Staub, responsable du secteur sida.

Carole Pantet

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