Actualisé 08.02.2008 à 17:41

Guerre sans merci à la délinquance

Le président français Nicolas Sarkozy a lancé vendredi un plan d'aide aux banlieues. L'opposition et des associations ont critiqué le manque de «souffle» et de financement des mesures.

«Nous voulons une politique d'égalité des chances sur l'ensemble du territoire. Nous voulons une France où l'on ne parlera plus de quartiers sensibles mais de quartiers populaires où on retrouvera l'envie d'y vivre», a dit M. Sarkozy. Plus de deux ans après les émeutes qui avaient embrasé les banlieues du pays, il a dévoilé un plan sur trois ans.

Les banlieues défavorisées des grandes villes françaises comptent une forte proportion d'habitants originaire du Maghreb et d'Afrique sub-saharienne, et le chômage y atteint parfois 40 % chez les jeunes.

Mais ce plan a été immédiatement critiqué par l'opposition notamment pour son absence de chiffrage financier global. Par ailleurs, il apparaît largement moins ambitieux que le projet annoncé par M. Sarkozy lors de sa campagne électorale.

4000 policiers en plus

Dénonçant l'échec des politiques menées depuis vingt ans, le président français a placé la lutte contre l'insécurité au premier rang de ses priorités.

«Dès demain, c'est une guerre sans merci qui sera engagée à l'endroit des trafics et des trafiquants», a-t-il déclaré, promettant de «mettre fin à la loi des bandes» grâce notamment au déploiement de 4000 policiers supplémentaires.

Nicolas Sarkozy a aussi mis l'accent sur l'éducation pour restaurer «l'égalité des chances» et «casser les ghettos scolaires». Tous les enfants de plus de 16 ans ayant quitté le système scolaire sans qualification doivent être accueillis dans des écoles dites «de la deuxième chance» qui seront généralisées dans tout le pays, a-t-il dit.

Pour ceux «qui montrent des bonnes aptitudes scolaires et qui ne peuvent pas étudier chez eux dans de bonnes conditions», il a annoncé la mise en place d'»internats d'excellence».

«Contrat d'autonomie»

Sur l'emploi, il a annoncé la création d'un «contrat d'autonomie» pour les jeunes au chômage et promis de favoriser la création de 20.000 entreprises. «C'est plus de 100.000 jeunes que nous allons accompagner vers l'emploi dans les trois prochaines années», a-t-il avancé.

A aucun moment, le chef de l'Etat n'a évoqué le budget global du plan que la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville Fadela Amara, qui a préparé le projet, avait évalué à un milliard d'euros.

Seul chiffre lâché par Nicolas Sarkozy, 500 millions d'euros destinés à développer les transports en commun et désenclaver les quartiers difficiles, parfois qualifiés de «ghettos».

Effet d'annonce

Le plan a été accueilli avec satisfaction par la majorité, alors que la gauche et les associations ont pointé l'absence de financement.

«Il n'y a pas de souffle, de vision» dans ce plan, a dénoncé le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray. Une responsable du parti, Delphine Batho, a estimé que M.Sarkozy, ancien ministre de l'Intérieur, avait «implicitement entériné l'échec de sa politique» puisque «cela fait maintenant six ans qu'il promet de rétablir l'ordre dans les quartiers».

Stéphane Ouraoui, président de l'association «Pas de quartier, tous citoyens», a rappelé qu'il y avait «beaucoup d'attentes autour de ce plan», et qu'»au final (...) il n'y a pas grand chose». D'autres associations ont aussi dénoncé un «énième effet d'annonce».

Des maires et des associations mettent régulièrement en garde contre le risque de nouvelles explosions de violence dans les banlieues, qui ont déjà fait l'objet de multiples plans d'aide depuis 30 ans. Quelque 5 millions de personnes habitent des quartiers défavorisés en France. (ats)

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