Procès à Genève: Guidé par une «force», il tente de tuer une inconnue
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Procès à GenèveGuidé par une «force», il tente de tuer une inconnue

Un homme et une femme sont accusés d'avoir voulu éliminer la belle-sœur de cette dernière en 2016. Ils nient.

par
Léonard Boissonnas
Les coups de marteau ont causé de multiples fractures à la victime.

Les coups de marteau ont causé de multiples fractures à la victime.

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«C'est comme si une force dans ma tête disait: va faire ça»: c'est ainsi que le principal prévenu, un Algérien de 52 ans domicilié dans l'Ain (F), a expliqué lundi devant le Tribunal criminel de Genève les circonstances au cours desquelles il aurait tenté d'assassiner une habitante du Lignon en juillet 2016 (encadré).

Selon l'accusation, il aurait été poussé à agir par sa voisine franco-marocaine âgée de 62 ans, belle-sœur de la victime et avec qui il avait eu une liaison sentimentale. La coaccusée aurait dit à plusieurs reprises que son frère était en danger car son épouse, qui faisait de la magie noire selon elle, voulait le tuer par empoisonnement.

«C'était comme une drogue»

Devant les juges, les prévenus se sont renvoyé la balle, interrompant même la déposition de la victime pour s'invectiver. Le quinquagénaire a expliqué avoir agi comme envoûté par sa coaccusée: «C'était elle qui me guidait, a-t-il asséné. C'était comme une drogue.» D'ailleurs, a-t-il prétendu, il ne se souvient ni de ce qu'il s'est passé pendant les deux heures qu'ont duré les faits ni comment il est arrivé chez la victime: «Je ne la connais pas, je ne me souviens pas être allé chez elle.»

«Des mensonges», selon l'accusée

Face aux divers témoignages et éléments du dossier, l'accusé s'est contenté de répondre par des «je ne sais pas» ou des «je ne me souviens pas». Une ligne de défense semblable à celle de la prévenue. Celle-ci a tout rejeté en bloc, parlant de «mensonges». Elle dit n'en avoir jamais voulu à sa belle-sœur qui «s'occupait très bien de mon frère.» Le procès se poursuit jusqu'à vendredi.

«Tout mon corps me rappelle ce jour-là»

Menacée avec un couteau, ligotée, la bouche entravée par des mouchoirs, et frappée avec un marteau: la plaignante a raconté le calvaire subi en fin d'après-midi le 1er juillet 2016 dans son appartement. Selon le Parquet, elle a reçu au moins 10 coups de marteau sur plusieurs parties du corps dont le visage, lui infligeant plusieurs fractures. Après l'agression, la victime a réussi à se délier et à ramper à sa porte avant d'être retrouvée inconsciente par une voisine, sa tête dépassant dans le couloir. Selon l'acte d'accusation, les «lésions constatées ont concrètement mis en danger la vie de la plaignante». Elle souffre aujourd'hui de séquelles physiques et psychiques: «Tout mon corps me rappelle ce jour-là», a-t-elle raconté à l'audience.

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