Actualisé 30.11.2018 à 14:38

GenèveGuillaume Barazzone décide de jeter l'éponge

Le conseiller administratif et élu national PDC a fait part ce matin à son parti de sa volonté de ne plus se représenter.

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jef/dra
Guillaume Barazzone est conseiller administratif de la Ville de Genève.

Guillaume Barazzone est conseiller administratif de la Ville de Genève.

Keystone/Martial Trezzini

Guillaume Barazzone ne briguera pas de nouveaux mandats, ni en ville de Genève ni à Berne. L'élu démocrate-chrétien l'a annoncé par courrier au comité directeur de son parti ce vendredi matin. Selon tdg.ch, qui révèle l'information, l'élu ne cache pas que cette décision fait suite à la publication, début novembre, de l'audit de la Cour des comptes portant sur les notes de frais professionnels des conseillers administratifs de la Ville de Genève.

Guillaume Barazzone, âgé de 36 ans, a indiqué en revanche qu'il mènerait ses mandats à leur terme. Le politicien, avocat de formation, a été élu au Conseil administratif de la Ville de Genève en 2012. Les prochaines élections municipales se tiendront en 2020. Il est également conseiller national depuis 2013. Les prochaines élections fédérales auront lieu en 2019.

Il ne sera donc pas candidat à ces deux occasions, mais a indiqué qu'il ne comptait abandonner ni la politique ni son parti.

«La seule décision à prendre», juge le parti

Des discussions internes se sont déroulées avant l'annonce de ce jour, confirme le président du Parti démocrate-chrétien genevois, Vincent Maitre. Des consultations ont eu lieu au sein de la direction de la formation bourgeoise et dans les sections communales. «Une part prépondérante a estimé que le comportement de Guillaume Barazzone avait été inadéquat. La décision de ce dernier était attendue; je m'en félicite.» Vincent Maitre poursuit: «C'est la décision de la sagesse et la marque d'une vraie prise de conscience de Guillaume Barazzone. C'était la seule décision à prendre.»

De son côté, le PDC Suisse prend note de la prise de position du conseiller administratif genevois. «Il assume pleinement ses responsabilités, notamment vis-à-vis du devoir d'exemplarité qui constitue une valeur essentielle dans notre parti», appuie Michaël Girod, porte-parole pour la Suisse romande. Ce dernier souligne aussi «l'engagement et le très bon travail» effectué par le magistrat genevois, tant en Ville de Genève qu'au Conseil National, à Berne.

Introspection et excuses

Dans sa lettre au comité directeur, Guillaume Barazzone explique qu'il souhaite préserver la cohésion de son parti. Outre les montants qu'il a remboursés à la Ville, il affirme vouloir assumer ses responsabilités. Puis il développe: «J'ai toujours essayé de défendre les valeurs du PDC fondées sur l'humanisme et la responsabilité individuelle. Ces valeurs m'ont conduit à m'interroger, non seulement sur les manquements collectifs relevés, mais aussi et avant tout sur mon propre comportement.»

L'élu présente ensuite ses excuses à ses proches, aux membres du parti, aux collaborateurs et aux habitants de Genève. Il égrène enfin les projets pour lesquels il continuera à s'engager jusqu'à la fin de ses mandats, en ville et à Berne, et réaffirme son engagement au sein du PDC.

Maudet et Barazzone, des cas "différents"

Patricia Richard, cheffe du groupe PLR au Conseil municipal de la Ville, réagit ainsi à l'annonce du magistrat PDC: "C'est son choix. J'espère juste qu'il n'y aura pas autre chose dans l'enquête que conduit actuellement le Ministère public à propos des notes de frais des conseillers administratifs." Appelée à comparer la situation de Guillaume Barazzone avec celle de Pierre Maudet, elle juge qu'il s'agit de "choses différentes, pour deux raisons. La première, c'est que visiblement le PDC a consulté sa base sur la situation de M. Barazzone, ce que le PLR n'a toujours pas fait. Ensuite, contrairement à Pierre Maudet, dans le cas de Guillaume Barazzone on parle notamment d'utilisation de l'argent public, ce qui a très mal passé dans la population."

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