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BerneGuy Parmelin élu président de la Confédération

Le Vaudois a été élu par 188 voix sur 202 bulletins valables. Il succède à la Bernoise Simonetta Sommaruga.

Guy Parmelin fait mieux que Simonetta Sommaruga, élue l’année passée par 186 voix sur 210.

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Guy Parmelin présidera la Confédération en 2021. L’Assemblée fédérale a élu mercredi l’UDC vaudois par 188 voix sur 202 bulletins valables. Le chef du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche succède à Simonetta Sommaruga. Quatorze bulletins ont porté le nom de personnalités diverses. Vingt-cinq étaient blancs et 7 nuls.

Guy Parmelin fait mieux que Simonetta Sommaruga, élue l’année passée par 186 voix sur 210. Micheline Calmy-Rey a réalisé la plus mauvaise élection en 2011 avec 106 voix. En 2018, Ueli Maurer a obtenu 201 voix, égalant le record détenu par Jean-Pascal Delamuraz depuis 1988.

Avant ce dernier et depuis 1919, Fritz Honegger, Hans Hürlimann, Willi Ritschard, Hans-Peter Tschudi et Friedrich Traugott Wahlen ont égalé ou dépassé les 200 voix. En décembre 2017, Alain Berset avait engrangé 190 voix, Doris Leuthard en avait recueilli 188 un an plus tôt et Johann Schneider-Ammann avait été élu avec 196 voix en 2015.

La présidence de Guy Parmelin sera placée sous le signe de la cohésion.

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Gestion de crise

«Primus inter pares» dès le 1er janvier, à l’occasion de cette première année présidentielle, le chef du DFER s’offrira une visibilité accrue. Il devra représenter la Confédération à l’étranger, mais aussi incarner les décisions gouvernementales en situation de crise.

Une tâche à laquelle l’UDC s’est préparée. «La pandémie a été un choc considérable», a-t-il déclaré dans son discours à l’Assemblée fédérale. L’Etat ne peut pas pallier tous les manques, chacun doit y mettre du sien en faisant preuve d’initiative, de courage et d’un brin d’optimisme. «La solidarité doit entrer en jeu et notre société l’a maintes fois démontré».

Le futur président a aussi mis en avant les différences de la Suisse au-delà du «Rösti et du Polentagraben». «Assurer la cohésion est un défi de tous les jours et il l’est d’autant plus dans l’épreuve». La cohésion est la force de la Suisse, a-t-il affirmé.

L’agriculteur-vigneron de Bursins a fait un pas en s’exprimant en allemand et en italien, alors que ses connaissances linguistiques sont souvent moquées. Outre quatre langues, «mille différences nous cimentent quand elles pourraient nous diviser». «Cette situation est le fruit d’un intérêt manifeste pour notre voisin et le dialogue avec lui».

Quinzième Vaudois

Guy Parmelin sera le quinzième Vaudois à présider la Confédération. Son prédécesseur était le radical Jean-Pascal Delamuraz en 1989 et 1996. Conseiller national durant douze ans, Guy Parmelin a été élu au Conseil fédéral en 2015, succédant à Eveline Widmer-Schlumpf. Il a dirigé le Département fédéral de la défense, avant de reprendre le DFER en janvier 2019.

Le Parlement a encore élu Ignazio Cassis vice-président du Conseil fédéral par 162 voix sur 191 bulletins valables. Le libéral-radical tessinois devrait ainsi devenir président de la Confédération en 2022. Vingt-neuf bulletins étaient blancs, 14 étaient nuls. Quatorze bulletins portaient le nom de Viola Amherd. L’année dernière, Guy Parmelin avait obtenu 168 voix sur 183 bulletins valables.

Un UDC terrien sur les devants de la scène

Souvent mal noté dans les classements sur la popularité du Conseil fédéral, Guy Parmelin aura la tâche de redonner confiance à la population fortement éprouvée par la pandémie. Il n’est pas l’homme des phrases assassines ni des coups de gueule, mais son authenticité et sa simplicité devraient le servir. Il lui faudra aussi convaincre Outre-Sarine, lui qui ne s’exprime en général qu’en français.

Rattaché à la terre, le paysan-vigneron de Bursins est avant tout un homme de dialogue. Placé sur le devant de la scène ce printemps à cause des conséquences de la pandémie pour l’économie suisse, il a enchaîné les tables rondes avec les milieux économiques touchés par la crise.

Sa rapidité de réaction a dans un premier temps été saluée, avant que certaines maladresses ne viennent ternir le tableau. L’usage du terme «oreiller de paresse» pour qualifier les soutiens aux entreprises et ses hésitations face aux cas de rigueur a déçu les principaux concernés.

Ambassadeur de la Suisse

Dès janvier, une autre tâche attend le pragmatique Guy Parmelin. Il sera l’ambassadeur de la Suisse sur la scène internationale. Dans ce rôle, l’UDC pourrait être amené à signer un éventuel accord institutionnel avec l’UE, si celui-ci aboutit. En cas de blocage, il sera chargé de négocier une solution avec Bruxelles.

Contrairement à son collègue de parti Ueli Maurer, qui menace de démissionner en cas d’accord, Guy Parmelin s’est toujours montré collégial. Reste à voir si son costume de président le fera changer d’attitude sur les dossiers chers à l’UDC.

Le Vaudois est à la tête du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche depuis 2019, plus sur ordre de son parti que par choix personnel. À ce poste, il a fait souffler un vent plus conservateur sur le dicastère. Mais alors que son prédécesseur était arrivé à un point de rupture avec les partenaires sociaux et les milieux agricoles, il a réussi à rétablir la confiance.

Stratégie agricole en suspens

Dans le dossier de la nouvelle politique agricole PA22+, le ministre doit cependant faire face à la fronde de membres de son propre parti qui demandent le renvoi du projet. Au cours de la session d’hiver, le Conseil des États ne devrait aborder que la question du financement et suspendre le reste. La réforme cafouille et a pris un retard conséquent.

Et les dossiers brûlants sont nombreux: les initiatives sur les pesticides, l’accord de libre-échange controversé avec les pays du Mercosur ou encore celui avec les États-Unis sont autant de missions difficiles à mener. Devant le Parlement, Guy Parmelin a subi un important revers avec le rejet en votation finale de la réforme du service civil qu’il avait concoctée.

En novembre, le conseiller fédéral a repris l’avantage avec l’échec dans les urnes de l’initiative «contre le commerce de guerre». En février prochain, il compte bien faire de même avec l’accord de libre-échange avec l’Indonésie, contesté à cause de l’huile de palme.

Affaires militaires

Élu en le 9 décembre 2015 pour succéder à Eveline Widmer-Schlumpf, Guy Parmelin s’était fait connaître au Conseil national comme spécialiste des assurances sociales. Au Conseil fédéral, il n’aura pas coupé à la tradition. Comme beaucoup de ministres avant lui, l’UDC a fait ses premières armes aux affaires militaires.

Au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, il a hérité de certaines casseroles, comme la disparition de documents liés à la P-26. Mais il a marqué le terrain en faisant augmenter le budget militaire.

Puis, le ministre a très pris vite des décisions fracassantes, qui lui vaudront d’être surnommé monsieur Schnellschuss, celui qui tire plus vite que son ombre. Guy Parmelin a notamment secoué le landerneau politico-militaire en gelant le projet de défense sol-air, prévu pour le programme d’armement 2017.

Le conseiller fédéral a ensuite relancé la procédure d’acquisition d’avions de combat de l’armée après l’échec de son prédécesseur Ueli Maurer avec les Gripen. En quittant le DDPS, le caporal a refilé la patate chaude à celle qui lui a succédé à la défense. Viola Amherd a revu la procédure, avant de l’emporter en votation.

Ignazio Cassis vice-président

Le Parlement a encore élu Ignazio Cassis vice-président du Conseil fédéral par 162 voix sur 191 bulletins valables. Le libéral-radical tessinois devrait ainsi devenir président de la Confédération en 2022. Vingt-neuf bulletins étaient blancs, 14 étaient nuls. Quatorze bulletins portaient le nom de Viola Amherd. L’année dernière, Guy Parmelin avait obtenu 168 voix sur 183 bulletins valables.

(ATS/NXP)

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