Coronavirus: Guy Parmelin espère «une certaine normalité d’ici l’été»
Publié

CoronavirusGuy Parmelin espère «une certaine normalité d’ici l’été»

Le président de la Confédération a tempéré les espoirs d’allègements des mesures anti-Covid ce printemps dans la presse dominicale. Il a aussi évoqué l’idée que la Suisse participe à une industrie européenne de la vaccination.

par
Christine Talos
Le Vaudois a dit également comprendre le ras-le-bol des Suisses. «Nous aimerions tous retrouver une vie normale le plus rapidement possible. J’aimerais aussi boire à nouveau un verre de vin sur une terrasse», a-t-il confié.

Le Vaudois a dit également comprendre le ras-le-bol des Suisses. «Nous aimerions tous retrouver une vie normale le plus rapidement possible. J’aimerais aussi boire à nouveau un verre de vin sur une terrasse», a-t-il confié.

AFP

Guy Parmelin ne s’est guère montré optimiste pour des allègements ce printemps dans la lutte contre la pandémie. Interrogé longuement par la SonntagsZeitung, le président de la Confédération a répondu: «je crains qu’au vu de l’évolution de la situation à l’étranger, mais aussi dans notre pays, je ne puisse pas trop espérer une détente rapide et importante pour le moment». Il a rappelé que les règles sur les réunions privées avaient déjà été assouplies. «Mais nous devons encore rester prudents lors des visites de restaurants et d’autres événements.»

Le Vaudois a dit également comprendre le ras-le-bol des Suisses. «Nous aimerions tous retrouver une vie normale le plus rapidement possible. J’aimerais aussi boire à nouveau un verre de vin sur une terrasse», a-t-il confié. «Je comprends donc l’impatience et la frustration des gens. Mais nous ne pouvons pas vraiment donner une perspective à beaucoup de gens car nous sommes sans cesse dépassés par le virus», a-t-il poursuivi. Il a appelé les Suisses au calme et à continuer leurs efforts, tout en donnant une lueur d’espoir pour l’été: «Nous pouvons espérer que la situation se stabilisera au fur et à mesure des vaccinations et qu’une certaine normalité reviendra avec l’été».

Des événements pour les personnes testées négativement?

Ne serait-il pas possible d’organiser des événements plus importants en permettant aux personnes testées négativement de participer? Guy Parmelin juge l’idée intéressante et à examiner pour un prochain allègement. Mais à plus long terme, il craint que cela dissuade les gens d’opter pour la vaccination.

Le président de la Confédération a également été interrogé sur le manque de vaccins en Suisse. «Je ne pense pas que nous ayons tout fait de travers. Certains pays ont des avantages parce que l’industrie de la vaccination se trouve dans leur pays ou qu’ils ont une taille de marché que la Suisse n’a pas», se défend-il. Quant à la solution d’avoir une ligne de production propre chez Lonza en Valais, elle n’aurait pas été opportune pour la Suisse, estime-t-il. «Le vaccin n’étant pas fabriqué à Viège et ne pouvant être obtenu qu’auprès de Moderna, nous n’aurions pas eu accès au vaccin si nous avions eu notre propre site de production à Lonza», explique-t-il. «Moderna a les droits et Lonza ne produit que des parties du vaccin», rappelle le Vaudois.

Ne serait-il pas logique dès lors de fabriquer le vaccin en Suisse, pays de pharmas? «La pandémie nous a montré que nous sommes très dépendants, peut-être trop, des autres marchés», reconnaît-il. «Cela n’est pas seulement vrai pour les vaccins, mais aussi pour d’autres biens médicaux, les antibiotiques par exemple, ou pour d’autres domaines d’approvisionnement de base comme l’énergie», admet-il.

Créer une industrie européenne de la vaccination

Mais produire en Suisse ce dont nous avons absolument besoin n’est pas si simple. «Je doute que nous puissions réellement briser ces dépendances avec une politique industrielle purement nationale», explique Guy Parmelin. «Ce n’est plus possible dans une économie complexe basée sur la division du travail. Tous les biens importants sont désormais développés et produits dans des chaînes internationales. Il n’y a pas d’autre moyen», souligne-t-il.

«C’est pourquoi nous avons besoin de marchés ouverts et d’une coordination en Europe ou au moins avec nos pays voisins. Avec mes homologues Bruno Le Maire de France et Peter Altmaier d’Allemagne, nous avons discuté de cette idée de coopération accrue», poursuit le Vaudois. «Nous sommes ouverts à une action commune et je pense que nous devrions aller de l’avant et contribuer à la création d’une industrie de la vaccination à grande échelle en Europe.»

Ton opinion