Asie: H7N9 est un «virus dangereux»
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AsieH7N9 est un «virus dangereux»

L'Organisation mondiale de la santé qualifie le virus de «dangereux». La grippe aviaire de souche H7N9 poursuivait son expansion, mercredi.

Le virus H7N9 est l'un des virus de la grippe les plus mortels, a indiqué mercredi un membre d'une équipe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) venue en Chine enquêter sur cette maladie qui s'y est transmise pour la première fois à l'homme il y a quelques semaines.

Au total, 108 personnes ont été infectées par ce virus aviaire, dont 22 sont mortes, dont une forte proportion de personnes âgées. «C'est certainement l'un des virus les plus mortels que nous ayons connus jusqu'ici», a déclaré ce responsable, Keiji Fukuda, lors d'une conférence de presse à Pékin.

Le virus H7N9 a tué jusqu'à présent un peu plus de 20% des personnes qu'il a infectées en Chine, contre environ 60% des plus de 370 personnes qui ont contracté un autre virus de la grippe aviaire transmissible à l'homme, le H5N1. Mais les formes de grippe humaine les plus communes, dites saisonnières, sont beaucoup moins mortelles.

«Nous pensons que ce virus (le H7N9) est plus facilement transmissible à l'homme que le H5N1», a ajouté M. Fukuda, qui a qualifié le H7N9 de «virus inhabituellement dangereux». «Notre compréhension n'en est qu'à ses débuts», a-t-il ajouté, précisant que les volailles sont les «sources probables d'infection».

Nancy Cox, une spécialiste de la grippe au Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américain et membre de l'équipe, a précisé que «pour le moment, ni les oiseaux migrateurs ni leur habitat n'ont été testés positifs au H7N9».

Pour la première fois, un cas a été confirmé mercredi hors de Chine continentale, à Taïwan, chez un homme rentré de Suzhou en Chine où il travaillait. D'autres cas avaient déjà été signalés dans cette ville de la province du Jiangsu (est). A l'heure actuelle, «aucune forme durable de transmission d'homme à homme n'a été constatée», ont réitéré les chercheurs de l'OMS dans un communiqué.

«Ce qui reste incertain, c'est si le virus peut acquérir la capacité de se transmettre d'homme à homme», ont-ils ajouté alors que des cas d'infections au sein d'une même famille ont été signalés.

Taïwan est désormais touché

Taïwan a confirmé mercredi son premier cas «importé» de grippe aviaire H7N9, la souche responsable de la contamination de plus d'une centaine de personnes en Chine, essentiellement dans le sud et l'est du pays, dont 21 sont décédées.

Un homme de 53 ans qui travaillait dans la ville chinoise de Suzhou (est) a présenté des symptômes grippaux trois jours après son retour à Taipei, via Shanghaï, le 9 avril, a annoncé le Centre de contrôle des maladies infectieuses de Taïwan.

Dans un état «grave»

Hospitalisé depuis le 16 avril, cet homme de médiocre condition physique, sujet à l'hypertension et porteur d'une hépatite, se trouve depuis dans un état «grave», selon un communiqué du centre.

Il n'avait pas été en contact avec des volailles vivantes ou des oiseaux lors de son séjour en Chine et n'avait pas consommé de volaille insuffisamment cuite, ajoute ce communiqué.

Depuis que Pékin a rapporté, le 31 mars dernier, le décès de deux personnes infectées par la souche H7N9, la vaste majorité des contaminations ont été enregistrées dans l'est de la Chine.

105e victime contaminée

Un homme de 36 ans habitant Zaozhuang, dans la province du Shandong (est), est devenu la 105e personne officiellement contaminée par le virus, a annoncé la Chine mardi. Même si la progression est lente, de nouveaux cas sont annoncés chaque jour.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi à Pékin étudier le cas de «foyers familiaux» -- plusieurs contaminations dans une même famille -- tout en se voulant rassurante sur un risque de transmission interhumaine du virus H7N9.

Comme pour la souche H5N1 de la grippe aviaire, la plus commune, les scientifiques redoutent qu'une mutation virale ne permette des contaminations entre humains, ce qui pourrait déclencher une pandémie.

Migrations d'oiseaux à craindre

La Chine, pays le plus peuplé au monde, est considéré à risque en raison de ses dizaines de millions de volailles. En 2005 et 2006, au plus fort de l'épizootie, les autorités avaient réagi fortement en lançant de vastes campagnes de vaccination des volailles, ce qui leur avait permis de contrôler la situation.

Taïwan craint pour sa part les migrations d'oiseaux sauvages, l'île n'étant séparée du continent que par le détroit de Formose large de 150 à 200 km environ. (afp)

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