Actualisé 25.05.2018 à 09:51

GenèveHabitants à bout de nerfs à cause d'un marché festif

Tous les jeudis soir, la place des Grottes est envahie à l'heure de l'apéro, parfois jusque tard dans la nuit. Les nuisances agacent les riverains.

von
Maria Pineiro
Durant les belles soirées d'été, la place des Grottes est bondée.

Durant les belles soirées d'été, la place des Grottes est bondée.

mpi

«La fréquentation du marché des Grottes a littéralement explosé depuis le retour des beaux jours. Le phénomène a pris une ampleur démesurée», s'exclame Antonio Pizzoferrato, chef de la police municipale de la Ville.

Il faut dire que ce rendez-vous du jeudi soir sur la place du quartier a tout pour plaire: maraîchers, vins et bières locaux, pain, planchettes de fromages et de charcuteries. Le tout à consommer sur place jusqu'à 20h30. Créé à l'instigation des habitants en 2010 afin de redonner un peu de vie à ce lieu, le marché peut attirer entre 1000 et 1500 personnes les belles soirées d'été. «C'est devenu un point de ralliement qui draine bien au-delà du quartier, précise Antonio Pizzoferrato. Au point d'être bien référencé sur les sites dédiés aux sorties: «C'est LE rendez-vous afterwork». Selon Olivier Perrin-Riondel, membre du groupement des riverains de la place des Grottes, le marché serait même conseillé par le magazine d'Easyjet.

Des nuisances jusque tard dans la nuit

Une fréquentation qui n'est pas sans poser un certain nombre de problèmes. «Les jeudis soirs, nous sommes envahis, image Olivier Perrin-Riondel. Nous, habitants, allons au marché avant 18h, après, il y a vraiment trop de monde.» Car la fréquentation va bien au-delà des clients des stands. «Ce qui nous pose problème, ce sont les gens qui viennent avec leurs propres victuailles et qui restent après l'heure de fermeture», explique Antonio Pizzoferrato. Les riverains sont pour certains au bord de la crise de nerfs et craignent l'arrivée de l'été. En effet, quelques dizaines de gens restent souvent sur la place jusqu'à une heure avancée de la nuit. Pour les riverains et la place jonchée de déchets, les lendemains d'hier sont régulièrement difficiles. Les marchands se plaignent également de l'impossibilité de circuler sur la place, ce qui freine leurs clients et rend les manoeuvres de camion très compliquées. Pour Willy Cretegny, président de l'association des marchés et présent aux Grottes, le rendez-vous est un succès. C'est l'après qui doit être géré. Ceci est du ressort de la Ville.

Victime de son succès, le marché des Grottes se cherche une nouvelle dynamique. «Nous ne souhaitons pas sa disparition, rassure Lionel Perrin-Riondel. Mais il ne faut pas que ce rendez-vous se résume un simple apéro. Nous voulons qu'il reste un marché à destination des habitants.» Il craint sinon un rejet pur et simple des riverains.

Toutes les pistes sont ouvertes

Ces derniers veulent qu'une réflexion soit menée. Pour l'heure, toutes les pistes sont ouvertes: redimensionnement, petite pause de quelques semaines, pas d'alcool durant l'été ou encore diminuer le nombre de stands dédiés à l'apéro. «Le marché a été monté en collaboration avec les autorités, son évolution doit se faire de la même manière», détaille Lionel Perrin-Riondel.

Antonio Pizzoferratto abonde: «Nous allons réunir tous les acteurs du dossier afin d'élaborer des solutions concertées. Depuis l'année passée, la police municipale a renforcé sa présence sur le site afin de disperser la foule dès la fin du marché. Le travail de la voirie a également été adapté afin de nettoyer tôt le lendemain. Cette année, nous allons faire un travail de fond. Il s'agira de sensibiliser les usagers de la place, à l'image de ce qui a été fait pour pacifier la rue de l'Ecole-de-Médecine.» Ces rencontres sont prévues tout prochainement. «Ne soyons pas trop calvinistes, ne détruisons pas ce qui marche», met en garde Willy Cretegny.

Multiplication

Avant le marché des Grottes, d'autres lieux de fête, comme la rue de l'Ecole-de-Médecine à Plainpalais ou la rue Vautier à Carouge ont défrayé la chronique. Les tensions sont redescendues après un long travail des pouvoirs publics sur le terrain. Une solution envisagée pour éviter de trop grandes concentrations de personnes est de multiplier l'offre de lieux conviviaux. «Nous allons identifier des espaces laissés pour compte qui pourraient accueillir des rendez-vous ponctuels tout en restant attentifs aux habitants», annonce Antonio Pizzoferrato. Une fois la travail de défrichage terminé, ces lieux pourraient être laissés en gestion à des privés. Cet été, l'Escale, sur la rive gauche, permettra peut-être de désengorger le marché des Grottes. A noter que Carouge a elle aussi ouvert un marché le jeudi soir.

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