Actualisé 01.04.2019 à 12:36

GenèveHabitants furax mobilisés contre une antenne 5G

Des locataires ont lancé une pétition contre un relais de téléphonie nouvelle génération prévu sur leur immeuble. L'Etat est «attentif» au dossier.

von
David Ramseyer
Des responsables du comité à l'origine de la pétition et des habitants de la rue Cingria posent devant l'immeuble (derrière eux en blanc, dans l'ombre, avec un avant-toit) sur lequel pourrait s'ériger à l'avenir une antenne 5G.

Des responsables du comité à l'origine de la pétition et des habitants de la rue Cingria posent devant l'immeuble (derrière eux en blanc, dans l'ombre, avec un avant-toit) sur lequel pourrait s'ériger à l'avenir une antenne 5G.

dra

«On n'est pas contre le progrès. Mais on a le droit de poser des questions et de ne pas accepter n'importe quoi, n'importe comment». Monique, qui habite près des HUG, est inquiète, et avec elle, des dizaines de voisins. Il y a quelques mois, la Genevoise a découvert par hasard qu'un projet d'implantation d'une antenne 5G sur le toit du 5 rue Cingria, en face de chez elle, était à l'étude. Une fois la demande officielle déposée, fin 2018, elle a constitué un comité pour faire entendre la voix des habitants. Celui-ci a lancé une pétition pour s'opposer à l'installation du système de téléphonie mobile.

Une crèche et des malades en danger?

A ce jour, une centaine de signatures a été envoyée au Canton. D'autres suivront. De nouveaux paraphes sont toujours en train d'être récoltés, notamment dans les commerces du quartier, visiblement mobilisé. Pour Sanja, «il faut faire des tests avant d'installer ces relais, leurs effets ne sont pas anodins, Mais, nous, la population, on ne nous demande pas notre avis». Les pétitionnaires balaient les études rassurantes sur la 5G, qu'ils jugent peu indépendantes. «Nous nous inquiétons des conséquences de la 5G sur la santé, alors que nous vivons à proximité immédiate du lieu d'implantation prévu, déplore Monique. Il y a aussi une crèche dans l'immeuble, et les malades de l'hôpital sont à quelques mètres.»

Les HUG, qui n'ont pas été informés de la possible édification toute proche d'une antenne de nouvelle génération, ne souhaitent pas commenter la pétition de leurs voisins. Le chargé de communication de l'hôpital, Nicolas de Saussure, précise cependant que l'institution ne projette pas d'installer un tel système dans ses murs. A l'interne, la 5G elle-même ne créerait pas d'inquiétude particulière, selon nos informations. Mais une multiplication des antennes voisines des bâtiments hospitaliers, si. Car selon certains, davantage d'équipements équivaudrait à un rayonnement plus fort qui toucherait l'hôpital en de nombreux endroits.

Surveillance du Canton

De son côté, l'Etat - qui a enregistré «quelques demandes d'autorisation», sans en préciser le nombre exact - juge «salutaire le questionnement et le débat publics», auxquels il reste «attentif». Le Département cantonal du territoire (DT) précise que son rôle est celui d'un exécutant, qui doit s'assurer de la conformité des projets à l'Ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant, dont il suit «scrupuleusement» les exigences.

Pas de quoi rassurer Olivier, rencontré en bas de chez lui, rue Cingria. Il en est persuadé, «ces antennes sont dangereuses. Et s'ils les installent, je peux vous le garantir: ça va gueuler!»

La Ville très réservée face aux antennes

Ce n'est qu'un préavis, mais il est négatif. Le Département municipal des constructions et de l'aménagement a répondu défavorablement à la consultation sur la pose d'un relais 5G à la rue Cingria. Face à cette nouvelle technologie, "nous sommes très méfiants et réservés, avoue la codirectrice du département, Isabelle Charollais. Le principe de précaution nous semble essentiel, surtout pour des populations sensibles, comme les enfants". Autre obstacle possible à de telles installations: si elles défigurent des ensembles architecturaux protégés.

Ces six derniers mois, 13 demandes de modification, de renouvellement ou d'implantation d'antenne sont parvenues à l'administration communale. Elles ne mentionnent pas la technologie utilisée, remarque la Ville: "Dorénavant, notre position sera défavorable, dès lors qu'il est fort plausible qu'il s'agira de 5G". Pour l'heure, le Département municipal des constructions et de l'aménagement dit ne pas être au courant de pétitions d'habitants autre que celle des résidents de la rue Cingria.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!