01.06.2015 à 16:15

VaudHabitué à la vie de palace, il pourrait finir en prison

L'ex-directeur du Royal Plaza de Montreux était jugé lundi pour avoir encaissé des commissions occultes sur les contrats de nettoyage.

de
Christian Humbert
Selon laccusé, lhôtel a renoué avec les chiffres noirs grâce à lui.

Selon laccusé, lhôtel a renoué avec les chiffres noirs grâce à lui.

Sans pot-de-vin, pas de contrat: c'est ainsi que deux entreprises de nettoyage ont compris comment fonctionnait l'ancien directeur du Royal Plaza de Montreux. Le quinquagénaire, qui percevait près de 300 000 fr. de salaire annuel, en voulait à son ancien employeur qui, selon lui, ne lui aurait pas versé des primes de performance. Il évoque un litige portant sur un demi-million de francs.

Privé de cet argent, le cadre aurait donc incité deux entreprises mandatées pour faire le ménage dans les chambres à lui verser près de 10 000 fr. par mois. L'une d'elle, aux abois, a vendu la mèche. Une souricière a été montée, mais le matériel technique de la police n'a pas enregistré l'échange d'enveloppes. Face aux juges du Tribunal correctionnel de Vevey, l'ex-directeur a admis hier avoir encaissé 80 000 fr. entre 2009 et 2011. Pour le procureur, les sommes en jeu se monteraient en réalité à 250 000 francs. Il estime que cet argent devrait revenir au Canton, dans la mesure où les deux sociétés de nettoyage lésées n'ont pas déposé plainte. Le Royal Plaza, quant à lui, s'est porté partie civile pour 330 000 francs.

«Je ne suis pas un voleur», s'est défendu le prévenu. Selon lui, les mouvements bancaires enregistrés sur ses trois comptes sont liés à l'achat d'actions. «De l'enfumage», a rétorqué l'avocat de son ancien employeur. Le procureur a requis trois ans de prison, dont un an ferme.

Deuxième audience

Le prévenu a fait 21 jours de détention préventive en juin 2011, lorsque l'affaire a éclaté. Son procès s'était ouvert en septembre 2013, mais il avait été suspendu lorsque la Cour avait appris qu'il aurait tenté de soudoyer un témoin juste avant l'audience. L'enquête n'a pas permis de le prouver. L'accusé s'est reconverti, depuis, dans la restauration de montagne, un poste nettement moins bien rémunéré que son ancien travail.

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