Neuchâtel: Hainard réclame 4000 francs pour tort moral
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NeuchâtelHainard réclame 4000 francs pour tort moral

Un ancien journaliste accusé par l'ex-conseiller d'Etat de diffamation a comparu mercredi devant la justice.

Frédéric Hainard.

Frédéric Hainard.

photo: Keystone

En cause, les termes de «récidive» et de «séquestration» auxquels le prévenu fait référence dans un récit publié sur Internet pour décrire le comportement de Frédéric Hainard.

Dans un essai consacré à l'affaire Hainard publié en décembre 2013 sur le site internet «La Méduse», l'ancien journaliste attribue à Frédéric Hainard un comportement répréhensible alors qu'il était officier de police: avoir amené en 2005 un enfant russe au poste pour obliger sa mère en situation illégale à venir le chercher.

L'audience réservée aux plaidoiries devant le Tribunal régional du Littoral et du Val-de-Travers à Boudry s'est déroulée en l'absence du plaignant, Frédéric Hainard. Le prévenu conteste l'ordonnance pénale qui le condamne à une peine pécuniaire avec sursis pour diffamation.

Atteinte à l'honneur

«Ce texte porte atteinte à l'honneur de Frédéric Hainard», a estimé le mandataire du plaignant, Gabriele Beffa. «L'accusé parle de la récidive et de la séquestration qui n'ont pourtant pas eu lieu», a ajouté l'avocat en évoquant une ordonnance de classement établie en 2012 par le Ministère public.

Ce document indique que les ordres de l'opération menée en 2005 n'émanaient pas de Frédéric Hainard bien qu'il ait participé à l'action et que le droit interne avait été respecté. Pour la partie plaignante, l'ancien journaliste aurait dû avoir connaissance de cette ordonnance.

Dans sa plaidoirie, l'avocat a aussi évoqué la souffrance psychique endurée par Frédéric Hainard dans cette affaire. Il a estimé que l'ancien correspondant de l'Agence télégraphique suisse (ats) à Neuchâtel ne devait bénéficier d'aucun traitement de faveur.

Chronique politique

«Les termes ne sont ni infamants ni diffamants», a rétorqué l'avocat de la défense. «Nous ne sommes pas dans un article de presse, c'est un texte de nature littéraire, une chronique politique», a expliqué Yves Grandjean. La défense a aussi plaidé la bonne foi de l'accusé quand il dit ne pas avoir été informé de l'ordonnance de 2012.

«C'est une opinion dans une édition en ligne», a ajouté l'avocat qui relève que le récit épingle l'institution politique en général même s'il n'est pas agréable pour Frédéric Hainard.

Tort moral

La partie plaignante laisse au tribunal le soin de fixer la hauteur de la peine. Elle demande toutefois une indemnité pour tort moral de 4000 francs. La défense demande quant à elle l'acquittement. Le juge rendra son verdict le 24 février. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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