Actualisé 07.12.2010 à 09:13

Election présidentielleHaïti sous tension

Entre séisme, cyclone et choléra, Haïti attend avec fébrilité la publication, ce mardi, des résultats préliminaires du premier tour de l'élection présidentielle du 28 novembre.

Si aucun des 18 candidats du premier tour de l'élection présidentielle haïtienne n'arrivent à franchir la barre des 50%, un deuxième tour est prévu, probablement le 16 janvier.

Trois candidats se détachent toutefois du lot: l'ancienne première dame, Mirlande Manigat, le chanteur Michel Martelly et le candidat du pouvoir en place, Jude Célestin, protégé du président sortant René Préval et son futur gendre.

Les médias haïtiens, qui s'appuient sur des résultats officieux, prophétisent pour leur part un duel entre Mirlande Manigat, qui est âgée de 70 ans, et le chanteur, surnommé «Sweet Mickey».

Michel Martelly, un musicien très connu capable de mobiliser des milliers d'admirateurs bruyants dans la rue, a fait monter la tension en récusant à l'avance tout résultat mettant Jude Célestin au second tour.

Il accuse le chef de l'Etat sortant, son jeune protégé et leur coalition baptisée «Inite» (unité) de chercher à «voler l'élection» par la fraude et les manipulations au sein du Conseil électoral provisoire, l'instance officielle chargée d'annoncer ce mardi les résultats.

La communauté internationale espérait que ce scrutin présidentiel, qui est doublé d'élections législatives, permette de conforter la stabilité politique d'un pays déshérité et sans Etat véritable après une douloureuse histoire.

Climat d'insécurité

L'île, qui se remet à peine des suites du séisme meurtrier (plus de 250'000 morts et des centaines de milliers de sans-abri et de déplacés) du 12 janvier, connaît aujourd'hui une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 2000 victimes.

Depuis le 28 novembre, les casques bleus de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) et les observateurs internationaux sont confrontés à des allégations répétées de «fraude massive» formulées par plus de la moitié des 18 candidats du premier tour.

Les troubles se multiplient dans la rue et beaucoup craignent que la situation empire au niveau de l'insécurité.

La Minustah, qui assure depuis des années la survie d'un pays sous perfusion, compte plus de 12'000 militaires et policiers. Elle a appelé les candidats et leurs partisans à garder le calme, respecter la loi et éviter les violences.

«La phase à venir du processus électoral requiert un climat de paix et de sérénité», a souligné dans un communiqué la mission d'observation des élections commune à l'Organisation des Etats américains et à la Communauté des Caraïbes.

Tout en reconnaissant les «irrégularités, la désorganisation ainsi que les actes de vandalisme et de violence qui ont émaillé la journée de vote», la mission OAS-Caricom a jusqu'ici cautionné avec mesure l'ensemble du processus électoral. (ats)

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