Formule 1: Hamilton: «Je ne me suis pas senti respecté»
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Formule 1Hamilton: «Je ne me suis pas senti respecté»

Les deux coéquipiers de l'équipe Mercedes, Lewis Hamilton et Nico Rosberg, ont partagé avec le «Telegraph» leurs sentiments sur l'année 2016.

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La tension entre Hamilton (à gauche) et son coéquipier, ici en 2014, n'a cessé de grimper au fil des saisons.

La tension entre Hamilton (à gauche) et son coéquipier, ici en 2014, n'a cessé de grimper au fil des saisons.

Keystone/AP/Luca Bruno

Le dernier Grand Prix de F1 de la saison s'est terminé voilà déjà presque un mois, le 27 novembre dernier. La course a consacré Nico Rosberg, titré champion du monde pour la première et la dernière fois de sa carrière. Quelques jours plus tard, le pilote allemand a en effet annoncé sa retraite de la discipline reine de la course automobile.

Son unique titre, Rosberg l'a acquis au détriment de son coéquipier Lewis Hamilton, qui a terminé le championnat 2016 à seulement cinq points du vainqueur, au terme d'une saison qui a jusqu'au bout tenu en haleine les observateurs, tant la bagarre entre l'Anglais et son ex-meilleur ami a été rude tout au long de la saison.

Durant l'ultime course disputée aux Emirats arabes unis, la lutte a toutefois pris une tournure inattendue, puisque les pontes de l'écurie Mercedes sont même intervenus en direct pour demander à Hamilton d'accélérer sa cadence afin de ne pas mettre en péril Rosberg, resté sous la menace de ses poursuivants. Hamilton avait délibérément roulé moins vite dans l'espoir que certains adversaires parviendraient à rattraper et dépasser son rival, lui feraient perdre deux rangs et permettraient ainsi au pilote britannique d'être sacré champion du monde à la place de l'Allemand.

«La situation n'est pas réglée»

Près d'un mois après, l'intervention et les menaces de sanctions de la part de Mercedes à l'endroit de Lewis Hamilton restent en travers de la gorge du triple champion du monde, comme il l'a indiqué au «Telegraph». «C'était l'un des nombreux moments inconfortables de l'année», a admis l'Anglais. «Au bout du compte, en voyant ce qui a été dit par la suite, j'ai senti pas mal d'irrespect de la part des individus qui s'étaient exprimés (ndlr: les patrons de Mercedes). Vous n'attendez clairement pas ça de la part de ceux qui sont responsables de tant de gens.» La situation a-t-elle depuis été réglée? «Non, elle ne l'a pas été», a révélé Hamilton, dont la diplomatie n'a jamais été le fort.

«Il ne s'est pas senti respecté? D'accord, intéressant. En voilà une nouvelle», a pour sa part réagi Nico Rosberg, prié de commenter les propos de son désormais ex-coéquipier. L'Allemand a aussi expliqué avoir appris à faire la part des choses avec l'aide d'un coach mental. Une aide qui lui a permis de résister aux provocations incessantes de son rival. «Je me suis vraiment retranché avec un coach mental. Je me suis mis à la médiation pour améliorer mes performances.» Une approche à l'opposé de celle prônée par Hamilton. «De toute ma vie, je n'ai jamais eu à travailler avec un coach mental ou un coach de vie. Je trouve mon propre chemin. Je prends comme un compliment le fait qu'il (ndlr: Rosberg) ait eu besoin de s'y livrer à fond», a relevé l'Anglais. «Regardez d'autres sports. Lorsque des gens savent qu'ils doivent affronter Tiger Woods ou Serena Williams, ils savent qu'ils doivent augmenter leur niveau.»

«Je n'ai pas eu les c… de te le dire en face»

Lewis Hamilton est également revenu sur la déception ressentie en début de saison, lorsque Mercedes a procédé à des remaniements et échanges au sein de ses ingénieurs et mécaniciens, en faisant travailler certains d'entre eux pour Rosberg, alors qu'ils avaient jusqu'alors plutôt servi le pilote britannique. «Avant la reprise, je vais dire à Toto (ndlr: Wolff, le directeur d'équipe Mercedes): «Je ne veux pas que ces gars soient déplacés. S'il te plaît, laisse-nous simplement faire notre job.» Je veux tous les garder. Aucun d'entre eux n'a besoin de partir.»

Nico Rosberg, quant à lui, a aussi révélé le déchirement traversé lorsqu'il a annoncé sa décision de tout arrêter à son patron, Toto Wolff. «Ce n'était pas une décision facile. Je n'ai jamais conduit pour l'argent, donc ça ne m'a jamais traversé l'esprit. Mais je sens que c'est la bonne décision. Je me sens épanoui, au sommet de mon Everest», a juré l'Allemand, qui a insisté sur le fait qu'il ne voudrait pas laisser tomber son épouse Vivian et leur fille Alaïa, née cette année. Wolff a pour sa part raconté les adieux larmoyants vécus par son pilote et lui. «Nico m'a annoncé ça par téléphone. Il m'a dit qu'il avait tenté de me le dire la veille lors d'un dîner et encore le lendemain matin au petit déjeuner. Nous avons tous les deux pleuré. Il m'a dit: «Je n'ai juste pas eu les c… de te le dire en face.» Je ne pouvais pas y croire. J'ai essayé de le rappeler, mais il m'a dit: «Non, ne rappelle pas.»

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