Genève – Accès aux personnes en situation de handicap: 200 lieux passés au crible
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GenèveAccès aux personnes en situation de handicap: 200 lieux passés au crible

La Ville a mandaté Pro Infirmis pour renseigner sur les possibilités d’accès de nombreux bâtiments ou espaces aux personnes en situation de handicap.

par
Léonard Boissonnas
Un ascenseur permet aux personnes en chaise roulante de se rendre dans le Grand Théâtre.

Un ascenseur permet aux personnes en chaise roulante de se rendre dans le Grand Théâtre.

20min/leo

«L’entrée est-elle sans marche, accessible par un ascenseur adapté au fauteuil roulant ou une rampe adaptée? La porte est-elle automatique? Y a-t-il une main courante? Y a-t-il une indication acoustique de l’étage?»: voilà quelques-unes des indications destinées aux personnes en situation de handicap figurant désormais sur le site de la Ville de Genève, lorsqu’on consulte la page d’un lieu, au même titre que l’adresse et les horaires d’ouverture.

Ces nouvelles précisions, accessibles par des pictogrammes et un lien internet, proviennent du projet Accès+, un outil élaboré par Pro Infirmis (voir encadré), et mis en place au bout du lac à la demande des autorités municipales dans le cadre la politique d’accessibilité universelle de la Ville, officialisée par une charte adoptée en 2020. La conseillère administrative Christina Kitsos, chargée de la cohésion sociale et de la solidarité, a rappelé mardi que 35’000 personnes de plus de 15 ans sont concernées par une situation de handicap en Ville. Sans compter celles qui peuvent être touchées de manière temporaire, comme les victimes d’accident.

«C’est un début»

Au total, 200 lieux (parcs, promenades, stades, écoles, bibliothèques, ou encore salles de théâtre) ont été passés au crible de Pro Infirmis, qui a soumis des questions, relevé des mesures et sollicité l’avis des premiers concernés. Toutefois, «cela ne veut pas dire que tous ces endroits sont adaptés, a prévenu la magistrate socialiste. Mais c’est un début.» A titre d’exemple, Christina Kitsos a cité l’espace de quartier de Sécheron, «un exemple de ce qu’il faut faire».

Par contre, juge-t-elle, un bâtiment comme celui du Service de l’Etat civil est «problématique»: «Il est très complexe d’y accéder et tout le monde y passe», a-t-elle déclaré, indiquant que des travaux auront lieu. «Avec les notes de Pro Infirmis, nous voyons les points à améliorer.»

Des réajustements

«A l’usage, nous avons l’opportunité de faire des réajustements», a appuyé Frédérique Perler, maire et conseillère administrative en charge de l’aménagement, des constructions et de la mobilité. Celle-ci a indiqué que «tous les projets importants de la Ville intègrent cette donnée d’accessibilité universelle».

Ainsi, un spécialiste a été nommé pour superviser cette accessibilité. Par exemple, lors de la rénovation de l’ancien Manège, une signalétique en braille a été installée. Les futurs travaux de la Bibliothèque municipale et du Musée d’art et d'histoire intégreront aussi cette donnée. Quant aux bâtiments d’habitations appartenant à la Ville, un audit est actuellement en cours.

Ici, l’exemple du Muséum d’histoire naturelle, dont la fiche d’accès est disponible sur le site de Pro Infirmis.

Ici, l’exemple du Muséum d’histoire naturelle, dont la fiche d’accès est disponible sur le site de Pro Infirmis.

Offre culturelle accessible

De son côté, le conseiller administratif chargé de la culture et de la transition numérique, Sami Kanaan, a rappelé que le personnel des institutions est formé à la problématique et qu’outre les accès physiques, l’accès aux contenus de l’offre culturelle pour les personnes en situation de handicap existe: des collections muséales en ligne, des visites pour les personnes malvoyantes ou des visites préalables pour les personnes souffrant de problèmes d’anxiété.

Lausanne, Porrentruy, Yverdon

Plus d’une quinzaine d’entités – des villes comme Lausanne, Porrentruy ou Yverdon, les cantons de Vaud et Schaffhouse, le Val d’Anniviers par exemple - ou encore la faîtière de l’hébergement, HotellerieSuisse ont intégré les données récoltées par Pro Infirmis sur leurs plateformes. Mais c’est en Ville de Genève que le recensement est le plus important, a relaté la présidente de Pro Infirmis-Genève, Véronique Piatti-Bretton. Celle-ci a souligné que désormais le grand défi est de mettre à jour les données récoltées. Pour ce faire, «nous avons conclu une convention d’une durée de cinq ans» avec les autorités municipales. Par ailleurs, la représentante de l’organisation imagine que le projet pourrait intéresser d’autres communes genevoises, ou encore l’administration cantonale «qui a des guichets».


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