Crise financière: Hans-Rudolf Merz prévoit un regard de l'Etat au sujet des bonus

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Crise financièreHans-Rudolf Merz prévoit un regard de l'Etat au sujet des bonus

Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz entend accompagner le plan de sauvetage de l'UBS de réglementations.

Il estime que la banque «a commis de graves erreurs en versant des bonus à des personnes qui n'ont pas contribué au succès de l'entreprise».

Les banques doivent accepter que l'Etat - qui a décidé de soutenir l'UBS en difficultés avec des aides et garanties à hauteur de 68 milliards de francs - intervienne au sujet des bonus et des salaires, a déclaré M. Merz dans une interview publiée samedi par la «Neue Zürcher Zeitung».

«L'idée initiale des bonus a été en partie pervertie», affirme le chef du Département fédéral des finances. «Des choses inacceptables se sont produites», poursuit-il. Lorsque les bonus deviennent injustifiés pour des raisons de mauvaise gestion, les banques doivent agir, selon M. Merz. «Les personnes concernées doivent procéder à la restitution de leurs bonus.»

Une argumentation qu'il reprend dans une interview au «Temps» de samedi, où il dit qu'il «appelle donc les dirigeants d'UBS à rembourser spontanément ces bonus immérités».

Secret bancaire

Dans «Le Temps», M. Merz réaffirme aussi la volonté de la Suisse de préserver sa notion du secret bancaire. «Nous avons de bons arguments pour nous défendre», dit-il.

«Tout d'abord, la Suisse n'est pas un paradis fiscal. Les accords (avec l'UE) sur la fiscalité de l'épargne et la lutte contre la fraude sont des pièces importantes de ce dossier. Nous avons accordé à l'UE un taux (d'imposition des avoirs de leurs ressortissants) de 35%, ce qui est appréciable», rappelle-t-il.

Et d'ajouter que «je suis prêt à le rediscuter pour l'élargir aux entreprises, qui n'y sont pas soumises, ou pour toute autre adaptation».

Par ailleurs, avec l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, il admet qu'«il est possible que la pression (américaine) augmente» sur la Suisse, et qu'elle vienne s'ajouter à celle devenue récemment plus insistante de la France et de l'Allemagne.

«Mais nous avons passablement de contacts avec les autorités américaines», ajoute-t-il. «Ces contacts sont devenus raisonnables. Elles voulaient la liste de tous les clients des banques suisses actives aux Etats-Unis. Elles se limitent désormais à requérir les noms pour les cas où des violations des lois américaines ont été constatées».

(ats)

Allègements fiscaux pour les «hedge funds»

Hans-Rudolf Merz défend son projet d'allègements fiscaux pour les «hedge funds». Selon lui, ces fonds sont importants pour la Suisse. Mais avec la crise financière, ce projet n'est «pas du tout prioritaire» pour l'instant.

Interrogé ce matin par la radio alémanique DRS, le grand argentier confirme sa volonté d'attirer des «hedge funds» en Suisse via une fiscalité basse. Puisque ces fonds existent, la politique doit trouver une solution. Opposés dès le départ à ces projets, la gauche et certains bourgeois ont demandé à M. Merz d'oublier cette idée début octobre, en pleine crise financière.

Les «hedge funds» sont des fonds d'investissement avec une stratégie de placements spéculatifs. Ils promettent de forts rendements, mais les risques sont très élevés. Sur son site internet, UBS parle de «véhicules de placement gérés avec une grande liberté». Les gestionnaires de ces fonds appliquant souvent leurs propres stratégies de placement innovantes, la qualité d'un «hedge fund» dépend du savoir-faire de son gestionnaire, explique l'UBS.

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