Affaire Kadhafi à Genève: Hans-Rudolf Merz s'excuse devant la Libye
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Affaire Kadhafi à GenèveHans-Rudolf Merz s'excuse devant la Libye

Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz a présenté jeudi ses excuses à la Libye pour l'arrestation d'Hannibal Kadhafi l'an dernier à Genève. Les deux Suisses retenus en Libye vont être libérés prochainement.

«J'exprime mes excuses au peuple libyen pour l'arrestation injuste de diplomates libyens par la police de Genève», a déclaré le président suisse, cité par l'AFP, lors d'une conférence de presse conjointe à Tripoli avec le premier ministre libyen Al-Baghdadi Ali al-Mahmoudi.

Au cours d'une visite surprise, M. Merz a signé un accord qui rétablit les relations entre la Suisse et la Libye avec M. Al- Baghadi, a indiqué le Département fédéral des finances (DFF) dans un communiqué diffusé au même moment à Berne.

Selon le texte, les deux Suisses retenus sur sol libyen pourront regagner leur pays «dans les prochains jours».

Toutes les activités consulaire et commerciales entre les deux pays vont reprendre, ajoute le communiqué. Le DFF précise que la Suisse et la Libye ont décidé de mettre en place «un tribunal arbitral indépendant» pour enquêter sur les circonstances de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi en juillet 2008 à Genève

Le fils de Mouammar Kadhafi et sa femme Aline, alors enceinte, avaient été arrêtés dans l'hôtel où ils logeaient après avoir fait l'objet d'une plainte pour maltraitance de deux de leurs domestiques. M. Kadhafi avait passé deux nuits en prison avant d'être libéré contre le versement d'une caution de 500'000 francs.

Les relations entre Berne et Tripoli ont alors commencé de se gripper. Outre les deux Suisses retenus sur le sol libyen, les liaisons aériennes avec Tripoli avaient été coupées, le volume des activités commerciales avec la Libye avait chuté et la quasi totalité des avoirs libyens en Suisse avaient été retirés.

Une plainte civile a elle été déposée en avril par la Libye à l'encontre de l'Etat de Genève exigeant réparation pour l'arrestation des Kadhafi. Elle doit être examinée le 24 septembre prochain à Genève.

(ats)

«J’ai décidé moi-même»

Le voyage du président de la Confédération n’est pas le fruit d’une décision collégiale. «J’ai pris la décision moi-même», a déclaré Hans Rudolf Merz, interrogé par la TSR jeudi soir à son retour en Suisse. N’a-t-il pas fait ce que la Confédération ne voulait pas faire? L’essentiel, c’est le résultat, répond-il: «Nous avons obtenu que les deux Suisses puissent partir. Les relations avec la Libye sont rétablies, le marché de ce pays est de nouveau ouvert à nos entreprises.»

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