Actualisé 21.11.2018 à 13:19

Conseil fédéralHans Wicki accusé de conflit d'intérêts

Le candidat PLR au Conseil fédéral aurait fait déplacer une zone protégée pour arranger les remontées mécaniques du Titlis. Juste avant de rejoindre la société.

von
Christine Talos
S'il est élu, Hans Wicki serait le premier représentant de Suisse centrale depuis Kaspar Villiger et le premier Nidwaldien à entrer au Conseil fédéral.

S'il est élu, Hans Wicki serait le premier représentant de Suisse centrale depuis Kaspar Villiger et le premier Nidwaldien à entrer au Conseil fédéral.

Keystone

Hans Wicki est considéré comme l'outsider PLR dans la course au Conseil fédéral face à sa grande rivale Karin Keller-Sutter. Mais le conseiller aux Etats nidwaldien qui met en avant son expérience du monde des affaires, doit faire face à des accusations de conflit d'intérêts en faveur des remontées mécaniques du Titlis dont il est le président du conseil d'administration.

Selon l'Aargauer Zeitung mercredi, c'est une décision en juillet 2013 en faveur de cette société, alors qu'il était au gouvernement de Nidwald et directeur des travaux publics de son canton, qui suscite aujourd'hui la controverse.

Réserve dédiée aux animaux sauvages

A l'époque, l'entreprise souhaitait remplacer une vieille télécabine par une installation plus moderne et plus grande. Hic: son tracé passait dans une réserve dédiée aux animaux sauvages et protégée des chasseurs au niveau fédéral. Pas de quoi freiner pour autant le gouvernement qui a alors décidé tout simplement de déplacer la zone interdite de chasse. Au grand dam des écologistes qui ont tenté en vain de s'opposer à ce projet via une pétition ayant recueilli 8700 signatures.

Un mois et demi après cette décision, Hans Wicki annonçait qu'il entrait au conseil d'administration des remontées mécaniques du Titlis, soulevant ainsi immédiatement une vague de critiques. Le fait qu'un directeur des constructions, chargé donc d'inspecter les travaux publics de son canton, puisse exploiter en même temps une société de remontées mécaniques, en avait choqué plus d'un en Suisse centrale. La plupart de ses détracteurs avaient souligné un conflit d'intérêts évident.

Mais Hans Wicki a tenu bon. Non seulement il est resté au gouvernement de Nidwald jusqu'en 2016, mais il a encore pris la présidence du conseil d'administration des remontées mécaniques deux ans après l'affaire.

Wicki se défend

Aujourd'hui, le principal intéressé se défend bec et ongles: «Mon élection au conseil d'administration des remontées mécaniques du Titlis n'a rien à voir avec le déplacement de la zone protégée», affirme-t-il dans l'Aargauer Zeitung. L'élection avait, selon lui, été lancée bien avant cette décision. Et ce projet était né alors qu'il n'était pas encore chef des travaux publics mais directeur de la justice au sein du gouvernement nidwaldien, affirme-t-il.

Néanmoins, n'y a-t-il pas un conflit d'intérêts quand un chef des constructions d'un canton est aussi à la tête d'une société de remontées mécaniques? Il s'en défend: «Pendant mon mandat, les remontées mécaniques de Titlis n'ont pas été impliquées une seule fois dans une affaire commerciale.»

Pour rappel, Hans Wicki préside également le conseil d'administration de l'organisation nationale de la construction constructionsuisse. Il est encore membre du CA de la Chambre de commerce et d'industrie de Suisse centrale.

Le sénateur est aussi un homme impliqué dans l'entreprise. Il a travaillé comme courtier en bourse, puis au sein du groupe allemand Pfisterer, spécialisé dans les composants de lignes électriques. Pour celui-ci, il a dirigé des sociétés en Suisse et en Afrique du Sud.

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