Actualisé 14.12.2008 à 12:09

Ueli Maurer nouveau conseiller fédéralHansjörg Walter critique le «chantage politique» de l'UDC

Après avoir frôlé l'élection au Conseil fédéral, Hansjörg Walter se montre critique face au style politique de son parti.

Il exige un changement des mentalités. «L'UDC doit sortir du système de chantage politique», a déclaré le Thurgovien dans la «NZZ am Sonntag».

La clause d'exclusion instaurée au sein du parti en cas d'élection d'un candidat non officiel au gouvernement dérange particulièrement le conseiller national. Il la qualifie de «faux pas politique».

Selon le président de l'Union suisse des paysans, cette nouvelle règle interne a même menacé l'élection d'Ueli Maurer. «Seule ma loyauté a permis d'éviter la débâcle.»

Davantage de place pour les pragmatiques

Une «majorité grandissante» du parti souhaite pourtant une politique constructive, à savoir «ceux qui savent que la base en a assez de la politique d'opposition», estime Hansjörg Walter.

Sur les ondes de la radio alémanique DRS, le conseiller national a en outre souligné samedi que l'UDC doit certes garder un «style critique», mais aussi «respectueux». Avec son retour au gouvernement, le parti sera à nouveau intégré aux responsabilités. Hansjörg Walter part du principe que les pragmatiques comme lui gagneront du même coup en influence.

Clause d'exclusion maintenue

Le président de l'UDC Toni Brunner rejette toute suppression de la clause d'exclusion. Il n'existe aucune raison de modifier à nouveau les statuts du parti, réplique-t-il dans des interviews publiées dans la «Zentralschweiz am Sonntag» et la «Südostschweiz am Sonntag».

Et de souligner que les statuts «aident aussi à aplanir à l'interne les imperfections humaines». En d'autre termes: à tenir compte de l'acceptation éventuelle d'une élection au Conseil fédéral contre la volonté de son propre parti.

«Fin du système», selon Petitpierre

Gilles Petitpierre vient de son côté apporter de l'eau au moulin de Hansjörg Walter dans un interview accordée au «Matin Dimanche». L'ancien sénateur (PRD/GE) et candidat malheureux au Conseil fédéral en 1998 n'exclut pas que l'UDC en arrive à une «scission entre sa frange zurichoise et ceux qui ont encore envie d'avoir une liberté de parole et d'action».

Dénonçant les vues du parti sur l'un des sièges socialistes, il prédit une autre option possible: la fin pure et simple de la concordance actuelle et le début d'une «concordance restreinte». «On pourrait très bien revenir à un Conseil fédéral comme nous en avons déjà eu, où même le parti le plus représenté au parlement - à l'époque les socialistes - n'appartenait pas au gouvernement.»

Pour Gilles Petitpierre, la Suisse et «au début d'une transition» et va de toute façon vers une «crise du système». Et d'ajouter: «il faut arrêter de la différer sans cesse».

(ats)

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