Genève: Haro sur les routes projetées par le Canton
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GenèveHaro sur les routes projetées par le Canton

Les opposants aux tracés routiers prévus par l'Etat au pied du Salève jugent le projet totalement anachronique.

par
Maria Pineiro
Pour les opposants, les futures routes prévues au pied du Salève ne résoudront par les embouteillages.

Pour les opposants, les futures routes prévues au pied du Salève ne résoudront par les embouteillages.

Keystone/Salvatore di Nolfi

«Qui sème des routes récolte des bouchons!» a illustré jeudi matin Mario Rodriguez, conseiller municipal écologiste de Plan-les-Ouates. Les associations de protection de l'environnement et de promotion de la mobilité douce se sont associées à des élus des communes de Lancy et Plan-les-Ouates ainsi qu'à des riverains pour affirmer leur opposition à la construction des routes du Barreau Sud.

Pour rappel, le Grand Conseil sera bientôt saisi d'une demande de crédit pour la construction des liaisons entre la route de Saconnex-d'Arve et la route d'Annecy, ainsi que cette dernière et la route de Pierre-Grand. La facture cantonale s'élève à 87,1 millions de francs à laquelle il faut ajouter 35 millions pour la construction d'un complément de la jonction autoroutière de Lancy-Sud.

Anachronique

Pour Lisa Mazzone, présidente de l'ATE Genève, ce projet est digne «des années '80 et ne tient absolument pas compte de l'urgence climatique et de la nécessité de diminuer les gaz à effet de serre». La coalition s'oppose au «principe même de construction d'un nouvel ouvrage routier quel qu'il soit», comme l'a rappelé Thibault Schneeberger, secrétaire d'Actif trafic.

Les associations estiment que ce projet ne constitue «pas une route d'évitement de villages mais une nouvelle pénétrante en direction d'un centre-ville déjà saturé». Prenant le contre-pied du gouvernement qui espère désengorger le secteur, elles estiment que ces futurs tracés feront appel d'air pour de nouvelles voitures, annulant ainsi tout gain de fluidité.

Destruction de biotopes

Les défenseurs de la nature ont tenu à relever que le pied du Salève était constitué de sites d'importance nationale et cantonale pour la préservation des espèces.

Jean-Pascal Gillig a notamment insisté sur le nant de la Bistoquette. «Renaturé en compensation à la construction de l'autoroute de contournement, il serait détruit et devrait à nouveau être compensé dans un autre secteur. C'est un non-sens.»

Les futures routes couperont également des corridors biologiques d'importance dans un territoire jusqu'à présent non morcelé.

Discussion demandée

Les élus des communes de Lancy et Plan-les-Ouates ont pour leur part déploré le manque de concertation. «On ne nous a jamais demandé de nous prononcer sur le principe d'une route. L'Etat est venu avec des variantes et il a simplement demandé à ce que nous choisissions», a tonné Nicolas Clémence, conseiller municipal socialiste à Lancy. Un manque de communication également reproché par les associations.

Ecologistes, partisans de la mobilité douce, élus et riverains ont affirmé avec conviction qu'ils s'opposeraient par tous les moyens à ces futures routes que ce soit par la voie juridique ou par référendum. La coalition exige que soient étudiées de vraies alternatives, comme des lignes de bus ou de connexion avec le futur Léman express.

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