Actualisé 17.01.2008 à 17:14

Hausse des demandes d'asile en provenance du Sri Lanka

La fin de la trêve au Sri Lanka risque de se traduire par une nouvelle vague de réfugiés tamouls.

En 2007, l'ODM a déjà constaté une nette hausse des demandes d'asile de ce pays. Les violences ont redoublé d'intensité depuis plusieurs semaines.

Jusqu'à la fin novembre de l'année dernière, 570 personnes avaient déposé une demande d'asile, contre 328 pour l'ensemble de 2006 et environ 200 les deux années précédentes, selon les chiffres de l'Office fédéral des migrations (ODM). Berne constate une hausse des requêtes depuis près de deux ans.

La plupart des réfugiés en provenance du Sri Lanka sont des tamouls originaires du nord ou de l'est de l'île, en proie aux combats avec les forces gouvernementales. Au total, quelque 32 000 Sri-Lankais vivent en Suisse, dont 10 000 naturalisés.

«Sauver leur peau»

Le vice-président du Forum, Shan Thavrajah, estime que le nombre des réfugiés va continuer de croître. «Les gens veulent sauver leur peau», a-t-il déclaré jeudi à l'ATS.

Dans le nord, les combats entre l'armée et les Tamouls font rage quotidiennement. Jeudi, l'armée de l'air srilankaise a détruit un bâtiment où se déroulait un rassemblement de hauts dirigeants des LTTE (Tigres de libération de l'Eelam tamoul) près de la ville de Killinochchi (nord), a indiqué le ministère de la Défense cité par l'AFP.

Mercredi, 27 civils ont été tués et plus de 60 autres blessés par un attentat à la bombe contre un bus dans le sud et six fermiers ont été abattus. Plus de 400 rebelles et 20 militaires auraient été tués depuis le 1er janvier, selon des chiffres gouvernementaux.

CICR inquiet

Le cessez-le-feu conclu en février 2002 entre Colombo et les rebelles des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) a pris formellement fin mercredi. Mais dans les faits, la trêve n'était déjà plus respectée depuis l'élection fin 2005 du président Mahinda Rajapakse, un nationaliste partisan de la manière forte contre les rebelles.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé la poursuite de ses activités au Sri Lanka, en dépit de la dénonciation de l'accord de cessez-le-feu par le gouvernement. L'organisation s'inquiète toutefois pour la sécurité des humanitaires.

L'assassinat d'un délégué de la Croix-Rouge srilankaise, retrouvé mort le 16 décembre, avait choqué la communauté humanitaire sur l'île. Le Sri Lanka est l'une des dix opérations les plus importantes du CICR avec 69 expatriés et 520 employés locaux.

Communauté internationale épinglée

En Suisse, Le Forum des Tamouls de Suisse a critiqué l'absence de réaction de la communauté internationale, dont la Suisse, à la rupture de la trêve. «Les Tamouls sont déçus, tristes et se sentent isolés», affirme l'organisation.

«Un pays neutre comme la Suisse a aussi une part de responsabilité au génocide des Tamouls au Sri Lanka. La dénonciation unilatérale de l'accord de cessez-le-feu n'a guère eu d'écho en Suisse. Le manque de réaction dans ce contexte équivaut à un accord tacite», déplore le Forum.

Les Tigres tamouls, hindouistes, se battent pour l'indépendance du nord et du nord-est du Sri Lanka, un pays peuplé à 75 de Cinghalais bouddhistes. Cette île de 20 millions d'habitants s'enlise dans le plus vieux conflit en cours en Asie, une guerre oubliée. Depuis 1972, 60 000 à 70 000 personnes ont été tuées.

Fin 2007, le chef suprême des Tigres, Velupillai Prabhakaran, avait jugé impossible de faire la paix avec un Etat sri-lankais «génocidaire». Ce dernier a rétorqué qu'il serait éliminé, lui et ses insurgés, d'ici juin.

(ats)

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