Mesures anti-coronavirus: Hausse des dépressions, mais pas des suicides
Publié

Mesures anti-coronavirusHausse des dépressions, mais pas des suicides

Les symptômes dépressifs ont beaucoup augmenté cette année. Les cantons n’ont cependant pas noté de tendance du point de vue des suicides.

par
rmf
Les professionnels notent une hausse du sentiment de solitude et des pensées suicidaires. Toutefois, les passages à l’acte n’ont pas augmenté significativement.

Les professionnels notent une hausse du sentiment de solitude et des pensées suicidaires. Toutefois, les passages à l’acte n’ont pas augmenté significativement.

20min/Marco Zangger

«Les dépressions progressent fortement, le taux de suicide augmente…» Pour demander l’allégement du semi-confinement en Suisse, plusieurs partis ont asséné des arguments pas toujours vérifiés ces dernières semaines, comme le rappelait LeMatin.ch. Une statistique des suicides en nette hausse était annoncée notamment par l’UDC dans la pétition «Lockdown stop» qui a déjà récolté plus de 250’000 signatures.

Mais une recherche de «Blick» a cependant montré que cette tendance était exagérée. Quelques cantons ont bien noté une légère augmentation des suicides, comme Vaud qui en a dénombré 266 en 2020, soit 8 de plus que l’an dernier, ou la Thurgovie qui en compte un de plus qu’en 2019. Mais d’autres, comme Saint-Gall, en a relevé 107, contre 121 en 2019. Globalement, tous les cantons indiquent ne pas constater une hausse significative, même s’il ne s’agit souvent que de tendances, car certaines données sont encore provisoires. La situation est la même pour l’organisation d’aide au suicide Exit, qui n’a pas constaté de hausse des demandes d’assistance. Interrogé par le quotidien alémanique, un des auteurs de la pétition indique qu’il réfléchira à adapter son texte pour rendre compte de cette réalité.

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

Un gros poids sur le moral

Toutefois, le stress et l’anxiété ont beaucoup progressé, surtout depuis le deuxième verrouillage débuté cet automne. Selon plusieurs enquêtes citées par «Blick», 90% des psychologues signalent que les «problèmes et symptômes se sont aggravés, ou que de nouveaux problèmes et symptômes sont apparus», principalement de type dépression, anxiété, troubles obsessionnels compulsifs, problèmes familiaux ou de couple, ou au travail et à l’école. Quelque 22% des professionnels mentionnent aussi une hausse des pensées suicidaires.

La proportion de personnes présentant des symptômes dépressifs graves est passée de 3 à 18% entre le début de la pandémie et le mois de novembre, avec une prévalence particulière chez les jeunes de 14 à 24 ans, dont un tiers sont concernés. Le centre de conseil 147 de Pro Juventute a constaté une hausse de 40% des appels cet automne.

Fait inquiétant, deux tiers des psychologues rapportent devoir régulièrement refuser des personnes qui demandent de l’aide. Le chiffre pré-pandémie n’est cependant pas connu, mais 60% des praticiens disent que la charge de travail a encore augmenté depuis septembre.

Ton opinion