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SuisseHausse des prévisions de croissance du KOF

Le KOF table désormais sur une hausse du produit intérieur brut helvétique de 1,6%, contre 1% jusqu'alors pour 2016.

Le PIB de la Suisse est revu à la hausse.

Le PIB de la Suisse est revu à la hausse.

photo: Keystone/Illustration

Après une année 2015 marquée du sceau du franc fort, l'économie suisse retrouve lentement une croissance modérée. Pour l'année en cours, l'institut zurichois KOF table désormais sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse de 1,6%, contre 1% jusqu'alors.

Après l'abandon par la Banque nationale suisse (BNS) le 15 janvier 2015 du taux plancher, les conditions cadres se sont visiblement améliorées, indique jeudi le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). L'industrie a toutefois souffert plus fortement qu'attendu de la vigueur du franc, comme le montrent les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS).

Et de l'avis des chercheurs zurichois, les banques ont enregistré une évolution encore plus défavorable l'an passé. Dans ce contexte, la pression à une optimisation accrue des processus reste de mise pour les entreprises suisses.

La faible rentabilité dans les branches industrielles et le secteur financier, l'évolution hésitante du commerce extérieur et un climat de consommation morose vont continuer de peser sur le marché de l'emploi. Le KOF anticipe néanmoins une légère embellie sur ce front au cours du 2e semestre de cette année.

Taux de chômage stable

Ce lent développement de l'emploi ne permettra guère de résorber le chômage. En valeur désaisonnalisée, le taux de chômage selon la définition du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) devrait se situer à 3,3% cette année, puis à 3,4% l'an prochain et en 2018.

Evoquant la conjoncture internationale, les chercheurs zurichois tablent sur une amélioration en Europe, le premier partenaire commercial de la Suisse. L'impact de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne devrait rester limité.

Pour le reste, les prévisionnistes des bords de la Limmat escomptent une expansion modeste de l'économie mondiale, au vu de son évolution hésitante des derniers mois. Les marchés émergents, malgré une conjoncture faiblissant en Chine, resteront les moteurs de cette évolution, laquelle entraînera un lent regain de la demande pour les biens et services suisses.

Mais il faudra attendre l'an prochain pour voir se dessiner une croissance soutenue des exportations, même si les entreprises suisses semblent à première vue avoir bien digéré le choc monétaire. Cependant, la croissance des livraisons à l'étranger s'est révélée très inégale ces derniers trimestres, reposant essentiellement sur les produits pharmaceutiques.

Modération

Le KOF prévoit un développement toujours hésitant des exportations au second semestre 2016. Une certaine faiblesse est également attendue du côté des importations.

La modestie est aussi de mise en ce qui concerne la consommation, dont les dépenses resteront encore modestes ces prochains trimestres. Pour la consommation privée, le KOF attend une progression de 1% cette année, puis de 1,2% en 2017.

Quant aux investissements, la tendance actuelle reste empreinte de modération. Une stagnation est anticipée dans le secteur du bâtiment cette année.

Toutefois, le secteur se redressera l'an prochain compte tenu de conditions de financement toujours séduisantes et d'une amélioration de l'environnement économique. De plus, les dépenses resteront élevées en matière d'infrastructures.

La pression persistera sur le franc, contraignant la BNS à maintenir une politique monétaire expansive un certain temps encore et des taux d'intérêt négatifs. Sur l'ensemble de la période de prévision, la devise européenne devrait demeurer stable par rapport au franc, à un cours de 1,10 franc pour un euro.

Accélération en 2017

Pour l'an prochain, le KOF table désormais sur une accélération de la croissance par rapport à l'année en cours, le PIB devant progresser de 1,8%. La prévision est toutefois revue en légère baisse au regard d'une hausse attendue en juin dernier à 1,9% pour 2017.

Pour mémoire, plusieurs administrations et institutions ont délivré le mois passé leurs projections de croissance pour l'économie helvétique. L'institut bâlois BAKBASEL a relevé ses estimations à 1,6% (contre 1% précédemment) pour 2016 et 1,7% (1,5%) pour 2017.

La BNS escompte pour l'année en cours une croissance dans le haut de sa précédente fourchette de 1 à 1,5%. Credit Suisse a quant à lui rehaussé la barre pour 2016 à 1,5% (1%) et réaffirmé un taux de 1,5% pour 2017. Le SECO «vise» aussi 1,5% (1,4%) cette année et a confirmé 1,8% pour l'an prochain. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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