Votations du 15 mai – Hausse des prix liée à la «Lex Netflix», les analyses divergent
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Votations du 15 maiHausse des prix liée à la «Lex Netflix», les analyses divergent

Un des principaux arguments des opposants à la loi sur le cinéma est la possible hausse des prix des abonnements en cas de oui. Ce qui est sûr: les Suisses paient plus que dans les pays voisins.

Image d’illustration.

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20min/Celia Nogler

Le sort de la «Lex Netflix», ou loi sur le cinéma, sera sans doute l’objet dont l’issue sera la plus incertaine le 15 mai lors des prochaines votations fédérales. Le texte, accepté par les Chambres mais combattu par un référendum des jeunes PLR et UDC ainsi que par les Vert’libéraux, vise à pousser les plateformes de streaming à investir dans la production cinématographique suisse.

Netflix, Disney+, Amazon Prime ou encore le service de Swisscom BlueTV devraient soutenir cette dernière à hauteur de 4% de leur chiffre d’affaires réalisé en Suisse. La production européenne, elle, devrait représenter 30% de leur catalogue. Pour les opposants à la loi, les plateformes vont répercuter le prix de la taxe sur les abonnements et la facture pour les utilisateurs va grimper en cas d’acceptation de la loi.

Pas de hausse en France et en Italie

Invité dans l’émission «Arena» de la télé alémanique SRF, le conseiller fédéral en charge de la culture Alain Berset pense qu’une telle hausse n’aura pas lieu. Son argument? De telles taxes introduites en France ou en Italie n’ont pas provoqué de hausse du prix des abonnements. Un argument vérifié ce week-end par le «Tages-Anzeiger».

On peut y lire que cette analyse est partiellement vraie. «Nous avons aussi un pouvoir d’achat plus élevé dans notre pays» (lire encadré), nuance le quotidien. «Pour simplifier, tout est plus cher qu’en France et en Italie. La déclaration d’Alain Berset est donc quelque peu trompeuse», est-il écrit.

Plus de 3 millions d’utilisateurs

Néanmoins, souligne le journal, le conseiller fédéral a raison de dire qu’une obligation d’investissement n’entraîne pas directement une hausse des prix. En France, les abonnements n’ont pas augmenté après leur introduction. Et une évaluation de l’Université de Lausanne conclut que cela ne devrait pas non plus être le cas en Suisse. Des répercussions sur les prix sont certes théoriquement possibles, mais elles seraient nettement inférieures à 4%, conclut le «Tages-Anzeiger».

Selon «20 Minuten», les services de streaming comme Netflix et Disney+ réalisent en Suisse un chiffre d’affaires annuel de plus de 300 millions de francs. Ils sont soutenus par de nombreux utilisateurs. Netflix compte ainsi 2,8 millions d’utilisateurs, Disney+ environ 650’000.

Abos plus chers en Suisse

Une enquête menée par la «RTS» montre qu’en comparaison internationale, les prix des abonnements aux diverses plateformes de streaming sont plus chers en Suisse qu’à l’étranger. En cause: les tarifs qui sont fixés en fonction du pouvoir d’achat, apprend-on. Pour un abonnement Premium chez Netflix (24,90 francs par mois en Suisse), un utilisateur suisse paiera environ 78 fr. par an de plus qu’en France, en Allemagne ou en Italie. Amazon Prime coûte 9 fr. 99 par mois en Suisse, 8,15 en Allemagne, 6,11 en France, 4,07 en Italie et 50 centimes en Turquie. Pour Disney+, le prix est de 12,90 chez nous, soit 3 francs de plus que chez nos voisins européens. Les écarts sont moins grands chez Apple, où la Norvège, pays riche, paie 50 centimes de plus que la Suisse, constate la «RTS».

(jba)

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