Effet secondaire du covid – Hausse vertigineuse des menaces contre les politiques suisses

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Effet secondaire du covidHausse vertigineuse des menaces contre les politiques suisses

Depuis le début de la pandémie, le nombre de menaces et insultes proférées sur internet à l’encontre de parlementaires ou membres de l’exécutif a atteint des sommets préoccupants.

Depuis le début de la pandémie, les menaces sur internet visant les élus et élues sont légions

Depuis le début de la pandémie, les menaces sur internet visant les élus et élues sont légions

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En un an, la situation sécuritaire des personnalités politiques s’est détériorée. Les statistiques de la Police fédérale (Fedpol) l’attestent, rapporte la «SonntagsZeitung» du jour. Le nombre d’annonces de la part de parlementaires ou conseillers fédéraux menacés ou insultés sur les réseaux sociaux a pris l’ascenseur en un an.

En 2019, il y avait 5 rapports pour ce type d’incidents, en 2020, leur nombre s’élevait à 51. Et, en 2021, c’était… 237, entre les seuls mois de janvier et d’avril. Le Ministère public de la Confédération a condamné un Bernois qui avait appelé au viol de la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga sur Facebook.

Bien qu’il soit possible que plus de cas soient dénoncés, alors qu’ils étaient peut-être simplement ignorés par le passé, il n’en reste pas moins que ces chiffres traduisent un climat toujours plus tendu. «La masse de messages haineux envers les politiciens a considérablement augmenté ces dernières années», a indiqué le porte-parole de Fedpol.

Tous les camps sont visés

Et ce n’est pas que la gauche qui est ciblée. Ainsi, le journal dominical relève plusieurs cas de personnalités de droite victimes d’agressions verbales sur le web. La justice fédérale vient de condamner un apprenti soleurois pour avoir menacé sur Instagram Andreas Glarner, conseiller national UDC. Mais des politiques sont aussi pointés du doigt par le journal dominical, qui rappelle que certains, en particulier issus des rangs de l’UDC, alimentent des pages sur lesquelles des internautes propagent parfois des messages à caractère violent.

Des voix s’élèvent ainsi pour contrer la violence sur internet. «Nous avons besoin d'une réglementation des réseaux sociaux», a déclaré la conseillère nationale socialiste Min Li Marti. L’élue souhaite obliger Facebook à mieux modérer les publications, surtout les fausses informations et les propos haineux. Andreas Glarner, en interview, propose d’obliger les réseaux sociaux à avoir une antenne en Suisse, pour que la justice puisse être saisie plus facilement. Car selon lui, c’est à elle de trancher.

Actuellement, l'Office fédéral de la communication planche sur un rapport à propos de cette problématique, afin que le Conseil fédéral puisse l’empoigner d’ici la fin de l’année. Il y a quelques semaines, le Conseiller fédéral Alain Berset avait été victime de menaces, là aussi sur le net.

Garde rapprochée

Autre signe des préoccupations sécuritaires : le nombre d’agents de sécurité privés veillant sur les personnalités politiques. Selon le «SonntagsBlick», l’entreprise Securitas est mandatée pour patrouiller dans les travées du Palais fédéral et de l’administration depuis 2017. Un nouveau contrat a été signé récemment, pour une durée de quatre ans, avec des effectifs gonflés. Un millier d’heures de travail annuel a été ajouté aux quelque 5000 actuelles. Au total, la Confédération dépensera 1,9 million de francs pour ces services.

(ami)

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