Somalie: Haut responsable shebab tué par les Américains
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SomalieHaut responsable shebab tué par les Américains

Ibrahim Ali Abdi alias Anta Anta, présenté comme l'un des principaux artificiers et organisateurs d'attaques-suicide du groupe islamiste, a été tué lundi par un drone américain.

Ibrahim Ali Abdi alias Anta Anta a été tué selon des habitants de la région.

Ibrahim Ali Abdi alias Anta Anta a été tué selon des habitants de la région.

Selon des habitants de la région de Jilib, à environ 350 km au sud de Mogadiscio, un véhicule transportant trois personnes a été totalement détruit lundi par une frappe aérienne. A Washington, un haut responsable américain a indiqué sous le couvert de l'anonymat que la frappe avait été menée par un drone américain, sans préciser d'où l'appareil avait décollé.

Mardi un responsable américain a également confirmé qu'Anta Anta était la cible du drone et avait péri dans l'attaque.

Mort louée

Le gouvernement somalien «s'est félicité» de la frappe américaine et de la mort d'Anta Anta, a indiqué mardi à l'AFP Ridwan Haji Abdiweli, un porte-parole du Premier ministre somalien. «L'individu tué était le chef artificier des attaques suicide des shebab. Il était responsable de nombreuses attaques qui ont coûté la vie à de nombreux Somaliens», a-t-il expliqué. «Cet homme a joué un rôle important dans la mort de civils innocents et sa mort va permettre de ramener la paix», a déclaré le ministre somalien de l'Intérieur Abdikarin Hussein Guled à Radio-Mogadiscio (publique), affirmant que les services somaliens de renseignement suivaient la trace de ce responsable depuis longtemps.

Aucun responsable shebab n'a pu être joint depuis lundi pour réagir à cette frappe et confirmer la mort d'Anta Anta, présenté comme spécialisé dans la confection de gilets explosifs portés par les kamikazes ou de voitures piégées.

Raid américain

Cette attaque américaine intervient après un raid mené début octobre par les forces spéciales de la Marine américaine dans le port somalien de Barawe. L'opération visait à capturer un autre responsable shebab, Abdulkadir Mohamed Abdulkadir, alias «Ikrima». Ce dernier n'avait pas été arrêté mais son sort exact est inconnu.

Ikrima, décrit comme un chef des combattants étrangers en Somalie, est accusé par Washington de liens avec les responsables aujourd'hui décédés des attentats de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, attribués à la cellule est-africaine d'Al-Qaïda. Les shebab, liés à Al-Qaïda, ont revendiqué la spectaculaire attaque menée le 21 septembre contre le centre commercial Westgate à Nairobi, pris d'assaut par un commando islamiste finalement éliminé après 80 heures de siège. L'attaque a fait 67 morts et une vingtaine de disparus.

Des avions américains sans pilote mènent régulièrement depuis plusieurs années des frappes contre les islamistes en Somalie, sans qu'il soit possible de les recenser précisément. La Maison-Blanche avait reconnu en 2011 l'existence d'une base de drones américains en Ethiopie, mais démenti qu'ils soient armés. Le site spécialisé Globalsecurity.org affirme que la CIA lance des drones depuis Djibouti où les Etats-Unis ont une base militaire, pays frontalier de la Somalie et situé face au Yémen, de l'autre côté du golfe d'Aden, pour traquer et éliminer des responsables d'Al-Qaïda dans l'ensemble de la région.

Les shebab, défaits militairement par une force de l'Union africaine et des troupes éthiopiennes ont été contraints d'abandonner un à un leurs bastions du sud et du centre somalien depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio en août 2011, mais ils continuent de contrôler de vastes zones rurales. Selon divers observateurs, les shebab restent une menace très importante en Somalie, plongée dans le chaos depuis la chute du président Siad Barre en 1991, et plus largement en Afrique de l'Est. Ils ont multiplié récemment les attaques, de plus en plus audacieuses et élaborées. Avant Westgate, les shebab avaient mené deux attaques complexes, impliquant véhicules piégés, kamikazes ceints d'explosifs et fantassins, contre un tribunal de Mogadiscio, puis contre le principal complexe de l'ONU - surprotégé - dans la capitale somalienne. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a récemment averti que «les gains militaires de ces dernières années face aux shebab risquaient sérieusement d'être remis en cause».

(afp)

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