Thaïlande: Hauts gradés impliqués dans le trafic de réfugiés
Actualisé

ThaïlandeHauts gradés impliqués dans le trafic de réfugiés

Une enquête a été ouverte sur le rôle de militaires dans un trafic de réfugiés rohingyas, une minorité musulmane apatride, qui fuient des violences communautaires en Birmanie.

Les réfugiés, candidats à un passage en Malaisie, risquent de tomber sous la coupe de passeurs. Ceux qui ne peuvent payer sont, semble-t-il, soumis à du travail forcé. «Des officiers de l'armée ont été impliqués, des chefs d'unités locales», a indiqué une source des services de renseignement à l'AFP.

Plusieurs centaines de Rohingyas sont arrivés en Thaïlande ces derniers jours, fuyant les violences entre bouddhistes et musulmans, qui ont fait 180 morts l'an passé dans l'ouest birman. Mais, alors que ceux-ci accostent sur la côte de la mer Andaman (ouest) au terme d'une navigation extrêmement dangereuse, certains ont été interpellés de l'autre côté de la péninsule.

Enquête en cours

«Ils n'ont pas pu y aller sans l'aide de responsables gouvernementaux. Le trafic supposait des intermédiaires», a ajouté cette source. Les réfugiés «ont pu payer entre 40'000 et 60'000 bahts (1000 à 1500 euros) pour voyager jusqu'en Malaisie par la route.»

Selon le secrétaire général du Conseil national de sécurité, Paradorn Pattanathabutr, une enquête est en cours après des révélations de médias thaïlandais. «Si nous trouvons des coupables, ils seront punis.»

Le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'il permettrait au Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) de rencontrer les Rohingyas. Des sources policières locales ont jusqu'à présent indiqué qu'ils seraient traités comme des immigrés illégaux et expulsés.

Confinés

Quelque 800'000 Rohingyas vivent en Etat Rakhine, une région pauvre et isolée de la Birmanie. Ils sont aussi 300'000 confinés dans des camps au Bangladesh. La communauté est considérée comme l'une des minorités les plus persécutées de la planète.

Des centaines de milliers d'entre eux vivent déjà en exil mais les violences de l'an passé ont augmenté le nombre de départs. Seule la Malaisie les accepte pour le moment, en dépit de l'appel de l'ONU à tous les pays de la région pour qu'ils ouvrent leurs frontières.

Un porte-parole de l'ISOC, une unité de l'armée en charge de la sécurité intérieure dont des officiers ont été accusés par des médias, n'a ni confirmé ni infirmé l'information. (afp)

Ton opinion