Actualisé 28.05.2020 à 18:13

États-Unis

Hayden, 12 ans, n’a pas supporté le confinement

Dans une vidéo poignante, un père de famille se confie sur le suicide de son fils, survenu le 17 avril au Texas. Cet enfant plein de vie était terriblement angoissé par la crise sanitaire.

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«Le coronavirus a tué mon fils, mais pas de la manière dont vous pensez.» Dans une vidéo poignante publiée fin avril sur YouTube, Twitter, Facebook et Instagram, un père de famille texan raconte comment l’angoisse du confinement a poussé son enfant à commettre l’irréparable, à quelques jours de son 13e anniversaire. Brad Hunstable explique que son fils Hayden «aimait la vie et était toujours à la fête». Il n’était pas dépressif et n’avait «pas tendance à broyer du noir» avant que la crise sanitaire n’éclate.

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Et pourtant, l’adolescent a terriblement mal vécu les mesures de confinement, la fermeture des écoles, l’éloignement de ses copains et la perte de sa routine quotidienne, écrit NBC. Le 17 avril, sa petite sœur âgée de 8 ans a annoncé à son père qu’il s’était pendu dans sa chambre. Alors forcément, quand Brad entend des gens dire que les enfants considèrent cette période comme «des vacances d’été», ce genre de propos le fait bondir.

«Je le sais. Mon fils serait en vie s’il était à l’école. Il n’aimait pas l’isolement. Il n’aimait pas rester à la maison», témoigne le Texan, qui souligne que son garçon se réjouissait de fêter son anniversaire: «Il allait recevoir une nouvelle manette pour sa Xbox», raconte Brad. Le père de famille espère que son témoignage pourra aider d’autres familles: «Cela peut arriver à n’importe qui. Avec cet isolement lié au virus, chaque petit tracas peut être amplifié», estime-t-il.

L’Américain de 41 ans est inquiet pour sa fille, qui semble avoir assisté en partie au drame. Ses parents ignorent ce qu’elle a réellement vu. «Nous voyons un professionnel pour ça», explique Brad dans cette vidéo enregistrée deux jours après l’enterrement de Hayden. «Nous avons une bulle émotionnelle et sociale qui est sur le point d’éclater. Je ne souhaite à personne de se sentir comme ça, de voir ce que j’ai vu, et de ressentir cette douleur», ajoute-t-il.

Brad Hunstable a lancé une collecte de fonds dans le but de mettre sur pied une campagne de sensibilisation. «L’isolation sociale est déjà difficile pour les adultes, mais ça l’est encore plus pour les enfants. Je ne veux pas que le dernier souvenir que l’on garde de mon fils soit sa dernière erreur, personne ne voudrait cela. Je veux que notre dernier souvenir de lui soit son sourire, son cœur, son engagement, sa ténacité. Je veux que l’on se souvienne de lui parce qu’il a changé le monde, allumé une flamme à travers le monde», confie l’Américain dans cette vidéo vue plusieurs millions de fois sur les réseaux sociaux.

Interrogée par NBC, la psychiatre texane Kia Carter indique que le nombre de dépressions chez les jeunes était en augmentation depuis le début de la crise sanitaire. «Lorsque vous remarquez un changement dans l’appétit de votre enfant, ou qu’il n’a plus d’énergie, qu’il ne dort pas bien – que ce soit un manque de sommeil ou trop de sommeil – ce sont des signes à surveiller», souligne la spécialiste.

Envies suicidaires? Faites-vous aider!

Selon Stopsuicide.ch, la problématique du suicide est un sujet complexe et multiple qui ne peut s'expliquer au travers d'une réponse unique. Cette association vise à briser le tabou qui englobe le suicide afin de réfléchir aux différents moyens permettant de mettre en oeuvre une aide concrète destinée aux jeunes en souffrance.

D'autres structures comme La Main Tendue (composez le 143) et la Ligne d'aide pour jeunes (147) sont également disposées à aider.

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