Actualisé 15.04.2020 à 07:52

Ski de fond

Hediger rétrogradé, Pralong rayé de la carte

La fédération suisse a annoncé ses cadres pour la prochaine saison et les Romands ne sont pas à la fête.

de
Ugo Curty
Le Vaudois Hediger (à g.) et le Valaisan Pralong ne bénéficieront pas des mêmes conditions la saison prochaine.

Le Vaudois Hediger (à g.) et le Valaisan Pralong ne bénéficieront pas des mêmes conditions la saison prochaine.

Keystone

Coup dur pour les Romands Jovian Hediger et Candide Pralong en vue de la saison prochaine. Le sprinteur vaudois n'appartient plus à l'équipe nationale: il a été relégué dans le cadre A. De son côté, le fondeur valaisan ne fait tout simplement plus partie de Swiss-Ski.

«Pas les mêmes budgets que le ski alpin»

Les deux hommes n'ont pas rempli les exigences sportives de la fédération nationale lors du dernier exercice. «Les critères étaient connus à l'avance, a souligné Hediger. Dans ce sens, il n'y a pas de surprise et je ne suis donc pas déçu.» Le Vaudois (23e mondial) devait entrer dans le top 15 pour garder sa place. «Les attentes ont été revues à la hausse, pour se baser sur les mêmes critères que le ski alpin. C'est bien de s'aligner sur ce sport roi mais les budgets et les encadrements ne sont pas les mêmes. En plus, les skieurs ont six disciplines pour obtenir ces résultats, alors qu'il n'y en a que deux pour les fondeurs.»

Le fils de Daniel Hediger, qui officie comme consultant sur la RTS, a été particulièrement désavantagé par cette fin de saison raccourcie à cause de la pandémie mondiale. «C'est frustrant parce que j'avais fait l'impasse sur le «Scandinavian Tour» pour mettre l'accent sur les derniers sprints de la saison où il y avait beaucoup de points en jeu, explique le skieur de Bex. J'étais prêt mais je n'ai pas pu concourir.»

Cette saison, le sprinteur de 29 ans n'est pas parvenu à intégrer une finale individuelle en sprint sur la Coupe du monde. Il s'était classé au 9e rang à Lenzerheide fin 2019. Sa meilleure performance reste une 6e place par équipe à Planica (Slovénie).

Plus difficile de trouver des sponsors

Relégué dans le cadre A, Jovian Hediger se montre néanmoins confiant. «Cela va peu changer au niveau de mon encadrement. Je serai toujours numéro 1 suisse pour les courses de sprint.» Par contre, d'un point de vue financier, le Romand ne bénéficiera plus de la voiture Swiss-Ski et devra redoubler d'effort pour convaincre ses sponsors de continuer à le suivre.

Candide Pralong, lui, devra faire complètement sans Swiss-Ski la saison prochaine. Le Valaisan lutte pour retrouver son meilleur niveau, freiné par des ennuis physiques et le syndrome du surentraînement qui l'avait frappé en 2019. «A mes yeux, cette situation ne présente aucun inconvénient, mais au contraire une chance supplémentaire de me surpasser à nouveau. Je sais maintenant que je n'ai pas besoin du soutien (souvent inexistant) de Swiss-Ski», s'est-il exprimé sur les réseaux sociaux.

Une seule course pour se montrer

Contacté par téléphone, le Valaisan n'était pas étonné de ne pas trouver son nom dans les cadres nationaux. «Je m'attendais plus ou moins à cette décision, a-t-il reconnu. Ce qui m'attriste le plus, c'est que j'ai l'impression de ne pas avoir pu faire mes preuves cette saison. Je n'ai été retenu que pour une seule course de Coupe du monde hors de Suisse (ndlr: 43e à Oberstdorf). Dans ces conditions, c'est compliqué de remplir les critères. J'ai obtenu un podium en Coupe d'Europe, donc j'ai prouvé que j'étais de retour. Peut-être que Swiss-Ski n'était pas du même avis.»

A bientôt 30 ans, Candide Pralong n'envisage pas de retraite sportive pour l'instant. «Tant que je trouverai des sponsors et que je pourrai vivre de mon sport, je continuerai.» Privé des soutiens de la fédération nationale pour les entraînements et les déplacements, le skieur du Val Ferret devra un peu bricoler. Le système D, il connaît déjà. L'étudiant en sciences du sport à Fribourg était parvenu à se qualifier pour les JO de PyeongChang en 2018 alors qu'il évoluait pour un team privé en France. «Ce n'est pas la fin du monde, résumait-il. En courant pour moi, je pourrai me faire plaisir. Je n'aurai de comptes à rendre à personne.»

Nouvel entraîneur en chef

Le ski de fond suisse a un nouveau chef depuis ce printemps: Christian Flury. Le Davosien de 43 ans doit officiellement entrer en fonction pour le mois d'avril. Il a succédé à Hippolyt Kempf devenu Directeur des disciplines nordiques à Swiss-Ski. Contacté en fin de journée par téléphone, Flury n'était pas disponible.

Seuls trois athlètes figurent encore dans l'équipe national: Nadine Fähndrich, Laurien van der Graaff et Dario Cologna. Erwan Käser (cadre B), cousin de Jovian Hediger, est le seul autre Romand à bénéficier du soutien de Swiss-Ski dans l'élite.

Ugo Curty

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