Italie: HeidelbergCement et Italcementi convolent
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ItalieHeidelbergCement et Italcementi convolent

Quelques mois après l'emblématique fabricant de pneus Pirelli, un autre morceau de choix de l'industrie italienne passe en mains étrangères. Le groupe Italcementi, né il y a 150 ans à Bergame, va être racheté par l'allemand HeidelbergCement.

L'annonce, arrivée par surprise mardi soir, est jugée sur le fond logique par les experts du secteur après la fusion des cimentiers suisse Holcim et français Lafarge, qui a créé un colosse du béton baptisé LafargeHolcim.

«Italcementi et HeidelbergCement sont deux entreprises qui opèrent dans ce secteur depuis plus d'un siècle et demi» et leur mariage constitue un «choix qui voit loin, garantissant la continuité et la croissance des deux entités», a justifié le président de Italcementi, Giampero Pesenti.

Une fois l'union consommée en 2016, la nouvelle entité sera «le premier groupe mondial dans le secteur des granulats ou agrégats, le deuxième dans celui du ciment et le troisième dans le secteur du béton». Elle devrait faire de la famille Pesenti, qui tient les rênes du groupe italien depuis le début du XXe siècle, le 2e actionnaire de HeidelbergCement avec une part d'environ 4 à 5% de son capital.

Le groupe allemand, bien que déjà très endetté, se financera grâce à un prêt bancaire de 4,4 milliards d'euros (4,7 milliards de francs) et espère des synergies d'au moins 175 millions d'euros par an dès 2018.

Réaction à LafargeHolcim

«Nous saluons ce rachat, bien que le prix en soit très élevé», souligne Ingo Wermann, un analyste de DZ Bank en Allemagne. Selon lui, cette transaction est «une réaction à la fusion des concurrents Holcim et Lafarge, ainsi qu'aux nombreux rachats d'usines de ciment par l'irlandais CRH».

Le prix proposé de 10,60 euros par action Italcementi, qui valorise la totalité des titres Italcementi à 3,7 milliards d'euros, est supérieur d'environ 70% à la valeur moyenne du titre ces trois derniers mois: une «prime monstre», commente le quotidien Il Sole 24 Ore.

Morceau de l'histoire italienne

Comme d'autres titres italiens, le quotidien financier ne peut néanmoins s'empêcher de regretter qu«'un autre morceau de l'industrie italienne parte à l'étranger». «Qualifier Italcementi de morceau de l'histoire industrielle et financière de ce pays n'est pas exagéré», renchérit son homologue turinois, La Stampa.

En mars dernier, c'est le groupe Pirelli, autre fleuron industriel de l'Italie, qui était passé aux mains du chinois ChemChina. Moins illustre à l'étranger que Pirelli, Italcementi plonge ses racines dans la région de Bergame (nord), où il est né en 1864. La qualité de son ciment hydraulique lui a valu d'être utilisé dans la construction du Canal de Suez.

L'annonce du mariage italo-allemand a enthousiasmé la Bourse de Milan: vers 12h30, le titre Italcementi affichait une hausse vertigineuse de 48,25% à 9,75 euros, se rapprochant ainsi rapidement du prix par action promis par le groupe allemand, soit 10,60 euros par titre. (ats)

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