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Football – Equipe de SuisseHenchoz dézingue la Nati à la sulfateuse

Joueurs, sélectionneur et dirigeants de l'équipe de Suisse, tous sont passés à la moulinette dans une interview de «Blick» avec l'ex-international.

par
duf
Le coach assistant de Neuchâtel Xamax n'est pas tendre avec les cadres de la Nati.

Le coach assistant de Neuchâtel Xamax n'est pas tendre avec les cadres de la Nati.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Stéphane Henchoz n'est pas content de l'équipe nationale actuelle et de nombre de ses cadres, sur et en dehors du terrain. L'entraîneur assistant de Neuchâtel Xamax, 43 ans, n'a pas eu peur de le clamer haut et fort dans une interview publiée samedi par «Blick». Dans les colonnes du tabloïd alémanique, le Fribourgeois aux 72 sélections avec la Nati entre 1993 et 2005 dégomme sans ménagement le comportement des dirigeants, du sélectionneur Vladimir Petkovic ou des stars de l'équipe, Valon Behrami, Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri.

D'entrée, Henchoz s'en prend à la manière avec laquelle les joueurs de la Nati avaient abordé en juillet dernier leur 8e de finale de Coupe du monde, finalement perdu face à la Suède (1-0). «La façon de faire était inexcusable, tacle l'ex-défenseur de Xamax, Hambourg et Liverpool. Ça manquait de rythme, d'engagement et d'envie. La Suisse s'est procurée deux occasions en 90 minutes. J'ai eu l'impression qu'à la fin les joueurs étaient contents de pouvoir quitter la Russie et de bénéficier de quelques jours de vacances supplémentaires.»

«Xhaka ne représente pas la Suisse»

Cette approche trop fuyante, Stéphane Henchoz l'attribue également au fait que les exigences sont à son avis nettement moins élevées dans le football suisse. «Lorsque j'étais à Liverpool, j'allais à chaque entraînement avec la boule au ventre en sachant que si je manquais une passe, je me ferais incendier par l'entraîneur. En Suisse, si tu manques une passe, ce n'est pas grave. Tu prendras la prochaine. Shaqiri et Xhaka sont des stars ici. Ils savent qu'ils seront titulaires en sélection au prochain match, même s'ils n'ont pas bien joué cette fois.»

Le Fribourgeois ne se gêne d'ailleurs pas de tirer à boulets rouges sur les deux leaders de la Nati, jugeant même que Xhaka «ne représente pas la Suisse», alors qu'il serait avec le gardien Yann Sommer l'un des choix logiques pour succéder à Stephan Lichtsteiner en tant que capitaine. «Il est un joueur confirmé à Arsenal, mais je crois qu'un capitaine doit représenter la Suisse et l'équipe. Xhaka ne le fait pas. En plus les joueurs comme Sommer, Lichtsteiner ou Schär, qui représentent la Suisse traditionnelle, pourraient se sentir exclus, tout comme les fans qui ne pourraient pas s'identifier à l'équipe», estime Henchoz, qui admet aussi que le fait que les joueurs ne chantent pas l'hymne national lui donne envie de leur «tirer les oreilles». «Certains joueurs affirment à quel point leur envie de jouer est grande. Mais quelle est cette envie? Celle de se montrer sur la grande scène? Pour qu'ils puissent ensuite négocier un plus gros contrat avec leur club ou envisager un transfert? Avec Arsenal, Xhaka devra s'entraîner bien différemment qu'avec la Nati.» Concernant Shaqiri, le coach xamaxien n'y va pas non plus avec le dos de la cuillère. «Il avait eu sa chance au Bayern. Il ne l'a pas saisie. Il faisait son entraînement, puis sautait dans sa voiture, rentrait en Suisse pour voir ses potes et peut-être même manger un kebab. Puis il reprenait la route pendant deux heures et demie pour retourner à Munich. Tout ce temps dans un véhicule ce n'est pas bon pour la musculature des jambes. Ses blessures n'étaient pas de la malchance. On n'a pas de la malchance lorsqu'on ne prend pas soin de son corps.»

Lichtsteiner unique rescapé

Pilier déchu de l'équipe, Behrami en prend aussi pour son grade. «Il a trop de pouvoir. Lorsque tu en donnes trop à un joueur, un jour où l'autre il va dépasser les bornes.» Enchaînant avec la gestion du cas du milieu de terrain tessinois, Henchoz remet en question la place du sélectionneur Petkovic. «On peut se demander s'il est toujours l'homme idéal. J'ai de gros doutes. Sa mauvaise façon de communiquer est un problème. De nos jours, l'entraînement sur le terrain représente trente pourcent du job. Le reste c'est le comportement en dehors. Et là il pêche.» Last but not least, les dirigeants Peter Gilléron, Alex Miescher et Claudio Sulser sont eux aussi remis à leur place pour leur gestion «catastrophique» de l'affaire de l'aigle bicéphale durant le Mondial. «Qu'ont-ils exactement fait durant trois semaines en Russie? Presque rien! A leur place j'aurais réuni l'équipe pour leur expliquer clairement qu'on ne peut pas se laisser aller à de telles réactions, même lorsqu'on a d'autres racines.»

Au bout de cette série de tacles bien sentis, seul l'actuel capitaine de la Nati, Stephan Licthsteiner est épargné. «J'ai un grand respect pour lui. Lorsqu'on joue au plus haut niveau avec la Juventus pendant toutes ces années, c'est qu'on n'a jamais concédé ne serait-ce que cinq pour-cent d'effort. Sinon il aurait été éjecté depuis longtemps. L'équipe de Suisse a encore besoin de lui à tout prix! Avant le match contre la Suède, tout le monde disait que sa suspension n'était pas un problème parce que nous avions Michael Lang. Mais je répondais «attention, Lang est bon face à Thoune et Lugano». Et j'ai eu le sentiment que ça s'est confirmé. Non, la Nati ne peut pas se passer de Lichtsteiner et de sa mentalité.» Message transmis.

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