Confignon (GE) - Hérissons tués avec une arme à feu: la mairie s’inquiète
Publié

Confignon (GE)Enquête ouverte après la mort de trois petits hérissons

Les autorités veulent découvrir qui abat les petits mammifères aux plombs. Un geste qui peut mener en prison.

par
Leïla Hussein/David Ramseyer
1 / 4
Trois petites bêtes ont été abattues à Confignon.

Trois petites bêtes ont été abattues à Confignon.

Un des hérissons abattu à Confignon (GE).

Un des hérissons abattu à Confignon (GE).

Lecteur reporter
Lecteur reporter

«C’est inhumain. Il faut arrêter ça. On n’est pas au far west», s’émeut une habitante de Confignon (GE). Le 8 octobre, elle a découvert horrifiée deux hérissons morts dans son jardin, non loin de l’école de Cressy. «C’étaient des jeunes. Ils semblaient s’être étouffés dans leur propre sang. Le lendemain matin, ma voisine en a trouvé un troisième.» Leur première hypothèse? Un empoisonnement à la mort-aux-rats. En réalité, les animaux ont été abattus. Une arme de petit calibre a été utilisée, confirment les gardes-faune, précisant qu’une autopsie est en cours.

«C’est sordide. Il faut être dérangé pour tirer sur un hérisson! On se sent en insécurité», a confié la riveraine. Elle évoque un quatrième hérisson mort et un chat criblé de plombs, dans le quartier. La Mairie a appris, «avec consternation, l’abattage de trois hérissons dans des jardins privés de la commune. Une enquête de voisinage est en cours afin de découvrir le ou les auteurs de ces agressions. Tout est mis en œuvre pour éviter que de tels actes puissent se reproduire sur notre territoire.»

Multiples sanctions possibles

En matière de protection des animaux, la Suisse dispose d’un arsenal juridique conséquent. Quatre lois fédérales fixent les normes dans ce domaine: celle sur la protection des animaux, sur la pêche, sur «la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux», ainsi que sur la protection de la nature. À ce combo juridique, s’ajoutent des lois cantonales.

Pour résumer, ces législations font le distinguo entre animaux domestiques et sauvages, elles définissent les espèces protégées, les spécimens pouvant être chassés – le daim, pas le hérisson par exemple –, et à quelles conditions. Elles précisent aussi quelles sont les espèces nuisibles, de quoi autoriser l’usage d’insecticides ou de dératisants, notamment. «En cas d’infractions, maltraitances ou violences sur animaux, sauvages ou pas, il y a donc l’embarras du choix pour sanctionner, résume Gottlieb Dändliker, inspecteur cantonal de la faune. La difficulté, c’est évidemment de prendre les fautifs sur le fait.»

Les peines encourues sont larges. À Genève, les contraventions pour maltraitances simples peuvent atteindre 3000 francs. Mais surtout, que l’on parle d’un chat ou d’un cerf, les maltraitances graves ou les violences volontaires (telles que des tirs sur un hérisson), elles, sont dénoncées au Ministère public. Ce dernier détermine après enquête la gravité des faits. Ils peuvent conduire à des peines de prison ferme.

Un ambassadeur de la biodiversité

Contactée par l’habitante de Confignon après la découverte des animaux tués, Christina Meissner, fondatrice de SOS Hérissons, est sous le choc. «Le hérisson est l’ambassadeur de la biodiversité. C’est l’ami du jardinier. Il rend des services extraordinaires. Lui tirer dessus, c’est ignorer qu’il nous permet de cultiver et de vivre correctement. C’est horrifiant.» Le Conseil administratif de Confignon a également fait part de son attachement «à la biodiversité, à la protection de la faune et de la flore et condamne vivement ces actes».

Ton opinion

51 commentaires