Comptes volés à HSBC Genève: Hervé Falciani «en service commandé» au Liban
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Comptes volés à HSBC GenèveHervé Falciani «en service commandé» au Liban

La trajectoire d'Hervé Falciani est digne d'un roman d'espionnage. Alors que la presse évoque son voyage au Liban avec sa collègue et amante Georgina M. dans le but de monnayer la liste de comptes volée à HSBC, lui parle d'un «service commandé» par les renseignements.

par
mac

Dans une interview au journal Nice-Matin, l'ancien informaticien de HSBC à Genève explique s'être fait enlever dans le quartier de Champel, le 24 août 2007 vers minuit, par «un grand roux qui parle un français impeccable et un brun super-costaud». «Une moto me dépasse. Lorsque j'arrive à sa hauteur, un fourgon a surgi. On me jette dedans en me braquant une arme sur la tempe. Quelques minutes plus tard, je me retrouve dans le sous-sol d'une église». D'après Falciani, les deux hommes affirment être membres d'un service de renseignements, mais pas français. Il n'en dit pas plus. Les deux agents soupçonneraient des terroristes islamiques de vouloir pirater HSBC et, pour cette raison, lui demandent de collaborer en trouvant le terroriste qui aurait infiltré HSBC. L'informaticien dit avoir accepté cette mission pour protéger sa famille.

Près de trois semaines s'écoulent. Le 12 septembre 2007, Hervé Falciani reprend contact avec les deux agents et leur parle de ses soupçons. Il évoque ses doutes sur certains collègues: un Algérien, un Syrien ainsi que sur Georgina M.

Georgina M. s'est présentée aux enquêteurs comme étant sa maîtresse. Ensemble, ils auraient monté une entreprise fictive, Palorva, et attribué un faux nom à Hervé Falciani, Ruben Al-Chidiack, afin de démarcher des clients aux libanais à qui vendre les données volées à HSBC. Georgina avance qu'ils avaient besoin d'argent pour financer le divorce de l'informaticien.

Falciani a une autre version. Il reconnaît s'être tout de suite très bien entendu avec sa collègue Girogina et qu'ensemble ils envisageaient de trouver un autre travail: «On se dit tous les deux qu'il y a peut-être une piste dans le domaine de l'analyse informatique des données» déclare-t-il à Nice-Matin. Mais après avoir croisé les deux agents, Falciani a des doutes sur les intentions de Georgina. Quand Falciani évoque aux agents l'éventuel voyage au Liban avec sa collègue : «il n'y a plus que ça qui les intéresse. Ils me demandent de jouer le jeu de ce voyage à Beyrouth. Ils m'assurent que je serai surveillé. Ils me donnent la consigne d'exiger de Georgina qu'elle me fournisse un passeport», raconte-il encore au journal Nice-Matin. Sur place ils rencontrent «deux ou trois investisseurs potentiels» et de retour à Genève, il décide de tout dévoiler à la justice française.

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