Actualisé 30.05.2012 à 20:17

SyrieHeurts meurtriers malgré l'offensive diplomatique

Au moins 39 personnes ont perdu la vie mercredi dans de violents combats, selon l'OSDH. L'opposition a donné un ultimatum de 48h à Bachar al-Assad pour faire appliquer le plan de paix.

Le général Robert Mood a qualifié le meurtre de treize hommes mercredi d'acte «horrible et inexcusable»

Le général Robert Mood a qualifié le meurtre de treize hommes mercredi d'acte «horrible et inexcusable»

Les pays occidentaux durcissent le ton à l'égard du régime syrien qui poursuit une répression sanglante du mouvement de contestation. Des affrontements meurtriers entre l'armée et l'opposition ont à nouveau fait rage mercredi.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 39 personnes, dont quinze soldats, auraient péri dans de violents combats près de Damas et ailleurs dans le pays.

Les corps de treize hommes, les mains liées derrière le dos, ont également été découverts près de Daïr az Zour, à l'est de la Syrie, a annoncé mercredi l'ONU. Plusieurs des victimes retrouvées ont été abattues d'une balle dans la tête.

Le général Robert Mood, chef des observateurs des Nations unies en Syrie, a dénoncé «un acte horrible et inexcusable». Dans un communiqué, il a appelé «toutes les parties à faire preuve de retenue et à mettre fin au cycle de la violence pour le bien de la Syrie et du peuple syrien».

Déserteurs abattus, selon les rebelles

Les insurgés syriens affirment que les victimes sont des déserteurs de l'armée régulière abattus par des partisans de Bachar al-Assad. Cette découverte macabre survient cinq jours après que 108 civils, dont 49 enfants et 34 femmes, ont été tués à Houla, localité de la province de Homs, dans le centre du pays.

«Une entente internationale pour un départ d'Assad est le seul moyen de sauver le plan Annan et de trouver une solution politique, faute de quoi la situation risque d'exploser et menacera toute la région», a pour sa part averti le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.

Sur le plan diplomatique, les partisans d'une ligne plus sévère contre Damas, voire d'une intervention militaire, s'opposent aux alliés du régime de Bachar al-Assad. La Russie et la Chine ont redit leur ferme opposition à toute intervention militaire internationale contre la Syrie.

Action plus résolue exigée

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU se réunira vendredi à Genève pour débattre du cas syrien. L'indignation suscitée dans le monde par le drame de Houla a poussé les pays hostiles à Bachar al-Assad à exiger une action plus résolue de la part de la communauté internationale.

Le président français François Hollande a déclaré mardi soir ne pas écarter l'hypothèse d'une intervention militaire en Syrie, à condition que celle-ci soit approuvée par les Nations unies. Entre mardi et mercredi une dizaine de pays - dont la Turquie et le Japon - ont annoncé l'expulsion de diplomates syriens pour marquer leur indignation.

A trois jours de sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine à Paris, François Hollande a formulé l'espoir «de convaincre Russes et Chinois» de se joindre au reste de la communauté internationale pour condamner Damas et «trouver une solution qui ne serait pas forcément militaire».

La Maison Blanche a quant à elle jugé qu'une action militaire n'était pas exclue, mais qu'elle ne serait pas opportune à l'heure actuelle. Par ailleurs, le Trésor américain a gelé mercredi les avoirs de la Banque islamique internationale syrienne et a interdit aux sociétés et citoyens américains de commercer avec elle.

(ats)

L'opposition lance un ultimatum à Bachar al-Assad

Les rebelles syriens ont donné 48 heures, mercredi, au président Bachar al-Assad pour appliquer le plan de paix de Kofi Annan sous peine d'en supporter les conséquences. «Il prend fin vendredi à 12h00 (11h00 en Suisse)», ont-ils averti. «La direction commune de l'Armée libre à l'intérieur de la Syrie annonce qu'elle donne au régime un dernier ultimatum de 48 heures pour appliquer les résolutions du Conseil de sécurité», a déclaré le colonel Kassim Saadeddine dans un communiqué diffusé sur le site YouTube.

Dès la fin de l'ultimatum, «nous serons alors libres de tout engagement et nous défendrons et protégerons les civils, leurs villages et leurs villes.» Le plan de paix en six points de Kofi Annan, incluant également un cessez-le-feu constamment ignoré, prévoit en outre le retrait des forces syriennes et de leurs armes lourdes des centres urbains.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!