Actualisé 25.01.2013 à 21:37

EgypteHeurts pour l'anniversaire de la «révolution»

De violents heurts ont éclaté dans plusieurs villes d'Egypte vendredi lors de manifestations contre le pouvoir, à l'occasion du deuxième anniversaire de la révolution.

Des heurts ont éclaté dans plusieurs villes d'Egypte vendredi lors de manifestations contre le pouvoir islamiste, à l'occasion du deuxième anniversaire du soulèvement populaire qui renversa Hosni Moubarak. Plusieurs bâtiments officiels ont été attaqués. Les autorités ont fait état de cinq morts et 250 blessés.

Des milliers de manifestants, jeunes pour la plupart, ont affronté la police place Tahrir, au Caire, ainsi que dans plusieurs grandes villes du pays. L'opposition laïque et libérale avait appelé à manifester ce jour contre le président Mohamed Morsi et les Frères musulmans dont il est issu.

Des affrontements ont également éclaté à Alexandrie et à Suez. Au moins 61 civils et 32 membres des forces de sécurité ont été blessés dans les heurts qui se sont produits dans ces trois villes, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Au Caire, des manifestants ont jeté des cocktails Molotov, des pierres et des pétards contre un barrage de police qui barrait l'accès à des bâtiments gouvernementaux près de la place. La police a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes.

Suez et Alexandrie

En fin d'après-midi, la police a également fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui tentaient de franchir le cordon de sécurité autour du palais présidentiel, rapporte la télévision publique égyptienne.

Des scènes similaires se sont produites à Suez et Alexandrie, la deuxième ville du pays, où manifestants et policiers se sont affrontés près de bâtiments gouvernementaux. Neuf personnes au moins ont été touchées par des tirs de fusils à plomb, a-t-on appris de source médicale et sécuritaire.

A Ismaïlia, sur le canal de Suez, les locaux du Parti de la justice et la liberté, le parti politique des Frères musulmans, ont été mis à sac avant d'être incendiés, rapportent des témoins.

«Non à l'Etat-Frères musulmans»

Au Caire, Hamdine Sabahy, candidat de la gauche à l'élection présidentielle du printemps dernier, a prévenu: «Notre révolution se poursuit. Nous rejetons la domination de tout parti sur l'Etat. Nous disons non à l'Etat-Frères musulmans», a-t-il dit.

«Les gens veulent la fin du régime», lisait-on sur des pancartes place Tahrir, comme une réminiscence des slogans de la «révolution du Nil» de l'hiver 2011.

Des milliers d'opposants à Mohamed Morsi sont également descendus dans les rues de Port-Saïd, ville portuaire du canal de Suez, et à Al Mahalla al Koubra, dans le centre du delta du Nil.

Tentative d'apaisement

Dans un discours prononcé jeudi à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du prophète Mahomet, le président Mohamed Morsi a appelé la population à célébrer la révolution «d'une manière civilisée, pacifique, qui préserve notre nation, nos institutions, nos vies».

«Les Frères sont très préoccupés par l'escalade, c'est pourquoi ils ont tenté de ne pas apparaître au premier plan le 25 janvier», analyse Shadi Hamid, directeur de recherches du Brookings Doha Center.

«Il pourrait très bien y avoir le même type d'échauffourées que nous avons vues auparavant, mais je ne vois rien d'important se passer qui soit susceptible de modifier fondamentalement la situation politique», a-t-il ajouté.

Libertés civiques menacées

Les laïques et les libéraux rassemblés au sein du Front du salut national (FSN) accusent les Frères musulmans de vouloir dominer le pays et de restreindre les libertés civiques, notamment depuis l'adoption en décembre par référendum d'une Constitution controversée.

Les yeux rivés sur les prochaines élections législatives, les Frères musulmans n'ont pas appelé leurs partisans à descendre place Tahrir, mais ont fêté le deuxième anniversaire de la révolution en lançant une campagne caritative en faveur des plus démunis.

«L'importance de l'anniversaire est de remonter le moral des Egyptiens: plus d'espoir et plus d'emplois», a affirmé Ahmed Aref, porte-parole de la confrérie islamiste, qui se trouvait place Tahrir pendant le soulèvement contre Moubarak. (ats/afp)

Le Premier ministre égyptien exclut toute «dictature» à l'avenir

Les institutions de base sont désormais présentes mais la transition «demande du temps et des efforts», a encore déclaré M. Qandil lors d'une table ronde sur le printemps arabe avec quatre de ses homologues au Forum économique mondial (WEF). Les prochaines élections législatives permettront de les compléter.

La majorité des Egyptiens respectent les femmes, a-t-il répondu aux accusations sur la dégradation du droits des femmes dans son pays. Et il a demandé à un participant dans la salle de s'excuser après des accusations de corruption contre son gouvernement.

Syrie

Il a aussi souligné la nécessité de s'impliquer pour trouver une solution en Syrie. Il faut parler avec les acteurs majeurs, l'Iran, la Russie, l'Arabie saoudite ou encore son pays, a-t-il aussi ajouté.

Côté libanais, le Premier ministre Najib Mikati s'est en revanche dissocié de la situation syrienne pour éviter des divisions internes dans son pays. En revanche, Le Liban continue d'accueillir les réfugiés syriens.

Après le printemps arabe, M. Mikati a estimé facile de parler de démocratie, de droits humains ou encore de l'amélioration de la situation des femmes. «Mais nous devons discuter de la manière de travailler» pour atteindre ces principes, a-t-il affirmé.

«Encore beaucoup de chemin»

«Les gens ont le droit d'attendre des changements significatifs» et les dirigeants doivent prendre en compte les valeurs sur lesquels le printemps arabe s'est fait, a affirmé de son côté le Premier ministre palestinien Salam Fayyad.

«Il y a encore beaucoup de chemin à faire» sur les libertés individuelles en Libye, a reconnu son homologue Ali Zeidan. Comme d'autres, il a aussi parlé notamment de développement économique. En revanche, le gouvernement contrôle désormais ses frontières même si quelques problèmes sécuritaires restent.

Al-Qaïda n'est pas vraiment présent en Libye, selon lui. Seules quelques personnes qui s'y associent se trouvent sur son territoire. Les investigations se poursuivent après l'attentat contre le consulat américain à Benghazi, a-t-il encore dit.

Tous estiment que les réformes seront longues à être établies. «C'est impossible» de devenir la Suisse en un seul jour, a résumé le Marocain Abdelilah Benkirane. Il a réfuté aussi toute accusation de corruption contre son gouvernement.

Et d'affirmer que les Etats du monde arabe devaient pouvoir décider eux-mêmes des réformes qu'ils souhaitent. Par ailleurs, un parti d'opposition au Maroc a obtenu récemment pour la première fois plus de 100 sièges au Parlement, a-t-il encore dit.

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