Actualisé 01.03.2009 à 08:44

Proche-OrientHillary Clinton en route pour sa première tournée

Hillary Clinton s'est envolée dimanche pour sa première tournée au Proche-Orient.

Le contexte est largement défavorable à une relance de la paix. L'incertitude demeure quant au futur gouvernement israélien et le Hamas est toujours jugé hors-la-loi par Washington.

La secrétaire d'Etat américaine se rend à la conférence de Charm el Cheikh, en Egypte, où elle devrait annoncer plus de 900 millions de dollars d'aide à la reconstruction de la bande de Gaza, dévastée par l'offensive israélienne de janvier.

Washington veut aussi que l'argent serve à appuyer le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont l'autorité est chancelante. Les Américains refusent en outre que les fonds atterrissent dans les poches du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza et avec qui les Etats-Unis refusent tout dialogue direct.

"J'annoncerai un engagement important, mais qui ne sera versé que si nous constatons que nos objectifs peuvent être réalisés plutôt que sabotés ou pervertis", a prévenu Clinton à la radio La Voix de l'Amérique dans une interview vendredi.

Israël doit faire un geste

Quels que soient les fonds versés, rien ne bougera dans le territoire palestinien si les marchandises ne peuvent gagner l'enclave en raison du blocus israélien, soulignent experts et militants des droits de l'homme.

"Toutes les promesses auxquelles cette conférence devrait donner lieu ne serviront pratiquement à rien si les donateurs n'exigent pas d'Israël l'ouverture des frontières aux biens commerciaux et aux denrées humanitaires de première nécessité", souligne Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch.

Pas de réel interlocuteur

Après Charm el Cheikh, où elle rencontrera des dirigeants arabes et européens, Mme#Clinton gagnera Jérusalem. "Il n'y aura pas beaucoup de pression à exercer à un moment où le gouvernement est encore en formation", note Jon Alterman, du centre d'études stratégiques et internationales, un groupe d'études de Washington.

Hillary Clinton prévoit de rencontrer Benjamin Netanyahu, le chef du Likoud désigné par le président Shimon Peres pour former un gouvernement à l'issue des élections législatives du 10 février.

M. Netanyahu, dont le parti est arrivé deuxième du scrutin derrière Kadima, dirigé par la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, a renoncé à ses efforts visant à s'allier avec les centristes.

Cette décision, prise à l'issue de l'échec, vendredi, d'une seconde série de pourparlers avec Kadima, accroît les chances d'un gouvernement de coalition avec les petits partis de droite et religieux hostiles à toute concession territoriale dans les négociations de paix avec les Palestiniens.

Une période sensible

"C'est une période sensible de la politique israélienne (...) mais je saisirai l'occasion de réaffirmer la solidité de la relation israélo-américaine et d'évoquer le meilleur moyen de faire avancer la paix", a déclaré Clinton.

Les factions palestinienns discutent réconciliation sous la médiation de l'Egypte et Hillary Clinton, qui se rendra en Cisjordanie, a répété les trois conditions posées par Washington pour reconnaître le Hamas comme interlocuteur: reconnaissance d'Israël, acceptation des accords israélo-palestiniens déjà conclus et renoncement à la violence.

Après un entretien avec Mahmoud Abbas et le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, Hillary Clinton se rendra à Bruxelles pour y rencontrer les ministres des Affaires étrangères de l'Otan. Elle devrait également dîner à Genève avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

(ats)

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