Hillary Clinton joue à quitte ou double en Pennsylvanie
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Hillary Clinton joue à quitte ou double en Pennsylvanie

Présidentielle américaine: Hillary Clinton jouera à quitte ou double ses ambitions présidentielles mardi, à l'occasion de la primaire démocrate de Pennsylvanie.

Une victoire face à son rival Barack Obama est non seulement impérative pour Mme Clinton, mais elle doit être la plus large possible.

Barack Obama devance la sénatrice de New York dans la course à l'investiture démocrate. Il a gagné dans davantage d'Etats, compte plus de délégués (1648 contre 1507 pour Mme Clinton) et a engrangé plus de voix.

Plus Mme Clinton creusera l'écart avec son rival en Pennsylvanie, plus elle aura de chances de rattraper son retard en nombre de délégués.

Le gouverneur du New Jersey, Jon Corzine, un partisan de Mme Clinton, a expliqué vendredi sur MSNBC que la sénatrice avait besoin d'une large victoire en Pennsylvanie pour rester à flots sinon, a-t-il dit, ce sera «la fermeture de la porte».

Convaincre les «super-délégués»

Les délégués sont attribués à la proportionnelle et pour rejoindre son rival, Mme Clinton a besoin d'obtenir au moins 65% des voix au cours des dix prochaines primaires. Elle n'a atteint ce score qu'une seule fois (dans l'Arkansas) au cours des quelque 40 dernières consultations.

Une large victoire en Pennsylvanie pourrait surtout aider à convaincre les «super délégués» (des caciques et des élus du parti démocrate) qu'elle aurait plus de chances de battre le républicain John McCain lors de l'élection présidentielle de novembre.

Environ 800 «super délégués» siègeront à la Convention démocrate. Leurs voix seront décisives dans le choix du candidat démocrate.

«Grands» Etats

Depuis des semaines, le camp Clinton explique que sa championne a certes gagné dans moins d'Etats que M. Obama, mais qu'elle a gagné les «grands» Etats qui compteront lors de la présidentielle, comme New York, le New Jersey et la Californie.

Il souligne également que Mme Clinton a gagné dans des Etats ayant voté républicain en 2004 mais qui sont susceptibles de basculer en novembre: Nouveau-Mexique, Ohio, Floride.

«Si M. Obama ne peut pas gagner en Pennsylvanie, ce sera un nouveau signe qu'il est incapable de gagner dans les grands Etats que les démocrates ont besoin de conquérir pour gagner en novembre», a expliqué cette semaine un de ses principaux conseillers, Howard Wolfson.

Obama «élitiste»

L'autre angle d'attaque du camp Clinton a été de mettre en doute les capacités de M. Obama, sénateur depuis seulement 2005, à occuper les fonctions de président des Etats-Unis. La sénatrice de New York insiste sur son «expérience» qu'elle oppose à la supposée «naïveté» de M. Obama.

Mais Mme Clinton a elle-même réfuté cet argument lors d'un débat télévisé cette semaine. Interrogée pour savoir si M. Obama pouvait être élu président en novembre elle a répondu: «oui, oui, oui».

Le dernier espoir de Mme Clinton est que les électeurs démocrates sanctionnent M. Obama pour l'affaire des sermons jugés anti-américains de son ex-pasteur.

Ou encore ses récents commentaires sur «l'amertume» des gens des petites villes, victimes de la crise, qui, selon les mots du sénateur, «se raccrochent» à la religion ou aux armes à feu. Ces paroles ont servi à Mme Clinton (et à M. McCain) pour dénoncer «l'élitisme» supposé de leur adversaire.

Perte de crédibilité

Mais les sondages montrent que c'est Mme Clinton, prise en flagrant délit de mensonge à propos d'un soi-disant danger qu'elle encourait lors d'un voyage en Bosnie en 1996, qui a perdu de sa crédibilité. Deux sondages publiés cette semaine ont montré qu'elle était considérée comme ni honnête, ni digne de confiance par une majorité d'électeurs démocrates.

(ats)

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