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Hillary Clinton s'ouvre la voie pour la présidentielle

La démocrate confirme une assise politique qui pourrait bien la mener à une candidature à la présidentielle de 2008.

Selon des résultats presque définitifs, la sénatrice de New York l'a emporté avec 67 % des voix contre 31 % pour son adversaire républicain John Spencer, ex-élu local inconnu du grand public et farouche partisan de la guerre en Irak.

«C'est un grand soir pour les démocrates, n'est-ce pas? Je veux vous remercier de vous être prononcés pour le changement», a-t-elle déclaré à ses supporters réunis dans un grand hôtel de New York, son célèbre mari à ses côtés applaudissant à tout rompre.

30 millions de dollars

Jusqu'ici, Mme Clinton a toujours rejeté les questions sur ses ambitions présidentielles présumées, affirmant n'avoir pas pris de décision. Mais l'issue du scrutin de mardi va relancer les spéculations.

Les indices de fait ne manquent pas: pour cette seule campagne du Sénat, la sénatrice a dépensé 29,45 millions de dollars, bien plus que tout autre candidat, et ce en dépit d'un adversaire peu menaçant.

Selon Steven Brams, professeur de politique à l'Université de New York, ses dépenses incluent certainement des dons à d'autres campagnes démocrates, ce qui devrait déjà lui garantir des soutiens pour 2008, son investiture par le parti n'étant pas acquise.

«A un certain point, elle pourra récolter les jetons de ceux qu'elle aide aujourd'hui,» dit-il à l'AFP. «Je la soupçonne de peut- être vouloir s'attirer les grâces des autres candidats du parti parce qu'elle pense à l'avenir».

Froideur mécanique

Une autre hypothèse souvent entendue était la nécessité d'un raz- de-marée new-yorkais pour légitimer une candidature présidentielle.

Mme Clinton dispose en tout cas de 15 millions de dollars de reliquat pour poursuivre d'éventuelles aventures politiques, tout comme elle peut compter sur une équipe étoffée et aguerrie, son mari Bill en tête.

L'ex-First Lady est devenue en six ans de Sénat une professionnelle de la politique, maîtrisant le moindre de ses propos - au risque de transmettre une image de froideur mécanique - ayant appris à naviguer avec prudence dans les arcanes du Congrès et ayant gagné le respect à force d'assiduité sur des dossiers comme la santé ou la défense.

Modeste et compétente

«Elle tente de minimiser son ambition, d'apparaître modeste et compétente», estime M. Brams. «Elle a été accusée d'arrogance sous le gouvernement de son mari, et c'est le type d'image qu'elle ne veut surtout plus donner».

Ses décisions mécontentent parfois la gauche, notamment son vote de 2002 pour la guerre en Irak. Mais selon les observateurs, elle a su négocier son changement de cap, éreintant la gestion du conflit sans renier son vote.

«Vu les circonstances, elle s'en sort au mieux», estime Costas Panagopoulos, politologue à la Fordham University de New York. «Elle n'a jamais reculé au point d'admettre qu'elle avait fait une erreur, mais elle a nuancé sa position». (ats)

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